ARGENTINE : El Chaltén

Après avoir fait une petite halte du côté de Los Antiguos, capitale de la cerise en Argentine, et dont on s’est gavé, nous voilà dans un car direction El Chaltén. Pourquoi prendre un car me direz-vous, alors que le stop battait son plein ces derniers temps. Eh bien tout d’abord, parce qu’on dirait que l’argentin en a tout bonnement rien à foutre de nous. Il trace en nous décochant chaque fois le même signe de main : je vais tout droit. Mais nous aussi bordel! Tu crois qu’on s’est mis de ce côté de la route pour aller dans l’autre sens?! Bon, on arrête, ils ne sont pas tous comme ça, il y a aussi les autres. Ces autres qui, parce que c’est encore la période des fêtes, emmènent dans chacun de leurs trajets femme/mari, enfants, grands parents, cousins, neveux, etc. Incroyable le nombre d’êtres vivants qu’ils arrivent à faire entrer dans de si petites boîtes de métal! Donc même si parfois ils ralentissent pour réfléchir à comment ils arriveraient à nous faire rentrer en Tétris dans un petit coin entre le bébé, la roue de secours et les fesses de mamie, pas un seul ne trouve de solution. Au final, game over pour nous.

Désert de la route 40 / samedi 03 janvier

On abdique donc, au bout de quelques heures, en s’achetant un ticket pour le prochain car qui nous vaudra de perdre chacun de nous un bout de peau du cul. Prix des transports argentins vs. chiliens : fois 5, victoire par KO des argentins.
Le pactole envolé se fait vite oublier cependant face à la démesure des paysages traversés (malheureusement une grande partie de nuit) le long de la célèbre route 40 et du réveil qui nous attendait le lendemain. On tente tant bien que mal d’ouvrir nos yeux, encore bien collés après la nuit agitée passée dans le car à jouer à Cyd de l’Âge de Glace pour trouver une position un tant soit peu confortable. Mais le Fitz Roy (ou aussi appelé ici, El Chaltén) s’impose devant nous, encore baigné des premiers rayons du soleil.

Photo_compress-169El Chaltén (ou Fitz Roy) au lever du jour / samedi 03 janvier

Photo_compress-170Le village d’El Chaltén au lever du jour / samedi 03 janvier

On part ensuite, tel deux explorateurs à travers le village, sur les traces d’une auberge et d’un casse-croûte qui nous éviteraient de perdre le peu de peau qu’il nous reste sur l’arrière-train. Désillusion face à nos découvertes. Nous sommes tombés dans le coin le plus cher d’Argentine! Après avoir trouvé l’auberge la moins chère du coin et s’être encore un peu allégé du porte-feuille pour un malheureux sandwich, on file vers notre première rando.

Départ d’une jolie rando / samedi 03 janvier

On crapahute ainsi tel deux petits cabris vers le sommet, profitant du paysage incroyable qu’offre la vallée le long de l’ascension, ainsi que des bourrasques et du soleil qui brûle chaque bout de peau exposé. On finit par pénétrer dans un bosquet salvateur qui, après quelques petites minutes, nous révèle une composition époustouflante.

Photo_compress-173Lago Capri / samedi 03 janvier

Photo_compress-175El Chaltén au dessus du lago Capri / samedi 03 janvier

On reste là, sans voix, face au Chaltén fièrement dressé au dessus des autres sommets, des glaciers et du lac Capri qui vient baigner l’ensemble. On pense à Lionel Terray qui, il y a un peu plus d’une soixantaine d’années, avait dû profiter de ce paysage un bon moment avant de parvenir au bout de quelques mois à être la première personne à poser les pieds tout là haut. Un bonhomme.

Photo_compress-174Sommet d’El Chaltén / samedi 03 janvier

Photo_compress-172El Chaltén et ses voisins (une partie ouverts par des français) / samedi 03 janvier

En longeant le lac, on trouve une petite plage irréelle où quelques personnes ont tombé le haut pour profiter du trou de la couche d’ozone. On décide de notre côté de ne tomber que les chaussettes et d’aller faire tremper nos orteils dans l’eau bien trop fraîche du glacier.
Une belle façon d’attaquer la Patagonie argentine.

Photo_compress-176Dorian les pieds dans l’eau gelée du lac / samedi 03 janvier

Le lendemain, c’est un autre sommet vers le lequel on se dirige, ou plutôt trois d’ailleurs. On grimpe vers les « trois pucelles » argentines, dans un endroit qui porte le nom de Laguna Torre. L’ascension est spectaculaire. Les paysages changent sans cesse, passant de petits canyons, aux forêts d’arbustes, puis aux plateaux d’anciens bois calcinés, aux chemins longeant des torrents, ou encore par des zones de pampas ou de forêts de grands arbres verdoyantes. Le tout en 2h30!

Cerro Torre / dimanche 04 janvier

On découvre enfin, cachée derrière de grandes dunes de terre sèche et de cailloux la surprenante Laguna Torre. Le vent de Patagonie est aussi de la partie, et quand on dit vent, on ne parle pas du truc qui fait sécher notre linge à la fenêtre, là on parle du vrai vent. Le vent qui t’empêche de mettre un pieds devant l’autre et qui t’oblige à avancer presque à quatre pattes, celui qui te fait réfléchir si tu dois mettre tes vêtements pour te protéger du froid et des cailloux qui volent, ou à tout enlever pour maximiser ton aérodynamisme. C’est ce genre de vent là dont on parle.

Photo_compress-182Icebergs de la Laguna Torre / dimanche 04 janvier

Photo_compress-183Glaciar Grande au fond de la Laguna / dimanche 04 janvier

Malgré ça, le paysage est au rendez-vous. Le petit lac draine quelques icebergs et le glacier, comme une meringue saupoudrée de cannelle, se dessine sous les fameuses Torres. Un beau spectacle très venteux qui nous vaudra, à un certain moment, une petite incompréhension dans le duo. Pour la faire courte, on s’est perdu l’un l’autre. Donc pendant que l’un cherchait l’autre en direction du glacier pensant qu’il avait continué, l’autre le cherchait dans la direction opposée pensant qu’il redescendait. Au final, on ne s’est retrouvé qu’en fin de journée à l’auberge, tout deux un peu énervé. Les aléas des voyages en duo.

Photo_compress-184Photo_compress-185Glaciar Grande / dimanche 04 janvier

On passe quand même la soirée à l’auberge avec une famille d’argentins très sympathique qui nous montrent toutes leurs photos de vacances et qui nous donnent de bons conseils pour la suite de notre périple en Argentine.

Photo_compress-186Arnaud faisant du stop dans le froid matinal / lundi 05 janvier

Le lendemain on quitte le Fitz Roy pour nous rendre à El Calafate, à quelques centaines de kilomètres au sud, et toujours en stop! Enfin c’est ce qu’on espérait, parce que quelques heures plus tard on était toujours à la sortie de la ville le pouce en l’air face au Chaltén. Ça se finit donc une fois de plus, ici en Argentine, à sortir les pesos au terminal de bus. Nom d’un guanaco! Espérons que la chance nous sourit un peu plus à l’avenir…

Un dernier coup d’oeil au Fitz Roy avant de partir / lundi 05 janvier

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