ARGENTINE : Route de l’Atlantique

Nous voilà de nouveau sur la route, le pouce levé. Direction à présent le nord. Les deux choix qui s’offrent à nous sont soit la mythique route 40 à l’ouest où peu de monde circule, soit la côte atlantique à l’est très touristique et fréquentée et, selon les dires, loin d’être mythique. En ligne de mire, Buenos Aires. On ne sait pas encore vraiment par où passer, mais on y va !

Photo_compress-273Panneau « Route de la fin du monde » / mardi 20 janvier

On s’extirpe assez rapidement de Puerto Natales après une succession de petits stops jusque de l’autre côté de la frontière argentine. Arrivé à Rio Turbio, on se remet à penser aux stops dans ce pays qui, jusqu’à présent, n’ont jamais fonctionné. Mais par miracle un premier stop nous emmène un peu plus loin de la ville, puis un second plus de 200km plus au nord quasiment jusqu’à El Calafate ! « Quasiment » parce que vous vous rappelez ce qu’on avait dit sur El Calafate, « plus jamais ! ». C’est donc pour ça qu’on descend quelques kilomètres en amont pour tenter notre chance à un carrefour proposant les deux directions expliquées plus tôt.

Photo_compress-274Paysage depuis notre voiture / mardi 20 janvier

Photo_compress-275Dorian fait du stop au milieu de nulle part / mardi 20 janvier

Photo_compress-276Arnaud tente sa chance au milieu de la route / mardi 20 janvier

Au début, on est presque heureux d’être ici, au milieu de nul part, entourés d’un paysage incroyable. Mais au bout de quelques heures à courir après les quelques voitures qui passent dans le coin, on commence à perdre tout doucement patience et penser à ce qu’il nous reste à manger et où est-ce qu’on pourra planter la tente. C’est à ce moment qu’un homme surgit d’on ne sait où dans son petit pick-up et nous explique qu’il se dirige vers le sud-est, à Rio Gallegos, où l’on aura apparemment plus de chance avec le stop.
Voilà, le sort en est jeté, nous partons pour l’est et la route de l’Atlantique de nouveau de l’autre côté du pays. Le seul hic, notre chauffeur n’a qu’une place dans l’habitacle. L’un de nous doit s’installer à l’arrière entre ses outils et les bidons d’essences, et c’est Arnaud qui s’y colle.

Photo_compress-277Au milieu de la pampa patagonienne / mardi 20 janvier

Photo_compress-278Fin de journée à l’arrière du pick-up / mardi 20 janvier

Notre chauffeur est super cool et intéressant, il en sait vraiment un paquet sur son pays et c’est facile d’échanger avec lui. Au bout d’un bon moment au milieu des routes désertiques de la pampa patagonienne, on s’arrête pour permettre à Arnaud de se mettre enfin à l’abri du vent et à Dorian de prendre le relais.
Au début pour lui tout va bien, il fait encore jour et le paysage est magnifique. Mais les derniers 100km, au soleil couchant et dans la nuit, s’apparentent à la fameuse scène des Bronzés où Jean Claude Duss chante seul sur son télésiège pour passer le temps et tente tant bien que mal de résister au gèle.

Photo_compress-279Dorian se caille à l’arrière du pick-up / mardi 20 janvier

Dorian passe le temps pour oublier le froid / mardi 20 janvier

On arrive enfin à un carrefour un peu au milieu de nulle part dans la nuit, mais qui croise avec la route 3 qui va vers le nord. C’est ici que l’on dit au revoir à notre nouvel ami, et aussi que l’on va passer la nuit. On plante la tente en contre bas, dans le seul coin où l’on soit un peu caché de la vue des routiers, mais au milieu de terriers de lièvres qui viendront gratouiller la toile toute la nuit !
Le lendemain, aux aurores, une dépanneuse nous embarque pour quelques centaines de kilomètres jusque dans un patelin qui sera pour nous le pendant argentin du fameux stop interminable de Puerto Cisnes. On vous passe les détails mais ce coup-ci, au lieu d’attendre toute une journée le véhicule bénit sous la pluie, c’est sous un soleil brulant et quasiment sans ombre que l’on doit patienter, des heures, encore et encore… Jusqu’à ce moment fatidique où le moral est au plus profond des chaussettes mais que la lumière survient enfin au bout du tunnel. Et quelle lumière ! On se fait prendre par des camionneurs qui filent à 7 heures de route au nord, mais par contre c’est dans la remorque qu’il faut qu’on s’installe, pas de place pour nous dans la cabine.

Photo_compress-280On quitte la ville maudite / mercredi 21 janvier

Photo_compress-281Dorian profite du paysage à l’ombre / mercredi 21 janvier

On est partagé entre l’euphorie de ce stop improbable et une certaine envie de vomir car l’odeur qui se dégage de cette remorque est comme qui dirait, pestilentielle. C’est un camion de transport de cerises, et même vide, les cartons en vrac et les parois sont recouverts du fruit en phase de moisissure avancée. On s’installe tant bien que mal dans ce beau bordel et on prend la route, quittant enfin cette longue journée de galère.
Dorian se trouve une petite place dans des cartons plus ou moins propres, tandis qu’Arnaud s’affale sur un matelas qui traine tout au fond de la remorque.

Arnaud, photographe de l’extrême, souffle enfin / mercredi 21 janvier

C’est comme ça que se passe le voyage jusqu’à Caleta Olivia, une petite ville en bord de mer où nos chauffeurs nous déposent en plein milieu de la nuit.
Vu l’heure, on décide de planter la tente derrière la station service où l’on nous a laissé, l’endroit qui nous paraît le « plus sûr » dans les parages.
Après une nuit assez insolite, on reprend les bords de routes en vue d’avoir un stop jusqu’aux environs de la péninsule Valdès. On bouffe de la poussière pendant un bon moment dans cette ville sèche et sans intérêt, mais la chance nous sourit et on enchaine des petits stops jusqu’à Comodoro Rivadavia, et même finalement jusqu’à Puerto Madryn.
Le dernier stop est un véritable plaisir car c’est la première fois depuis le début du voyage qu’on est pris par des jeunes de notre âge, et en plus de ça ils sont incroyablement cools ! On discute des heures durant avec Celeste et Tomás, ce jeune couple d’argentins. Tous les sujets y passent, et ce qui est génial, c’est qu’ils s’intéressent autant à nous que l’on s’intéresse à eux. Ils nous offrent aussi, pour la première fois pour nous, de partager un maté. On sympathise réellement avec eux, allant même jusqu’à prendre le temps de faire un peu de tourisme ensemble dans des petites villes sur la route.

Photo_compress-286Maison où est juste passée un jour Lady Di / jeudi 22 janvier

Photo_compress-284Grande théière / jeudi 22 janvier

Photo_compress-285Visite avec Celeste et Tomás / jeudi 22 janvier

Arrivés à Puerto Madryn, on est presque triste de les laisser partir de leur côté, mais ils nous invitent à venir chez eux à Córdoba si l’on passe plus tard dans la région.

Décontraction et échauffement avant le match de foot / vendredi 23 janvier

On s’installe finalement quelques temps dans cette ville balnéaire pour nous remettre de ces plusieurs jours de stops qui nous ont laissé sales et épuisés. Au programme donc, baignade dans l’océan, match de foot sur la plage avec les locaux, quelques achats indispensables pour la suite du voyage, etc. On décide de ne pas faire la péninsule Valdès car vraiment pas donné, et on se rabat plutôt sur la location de VTT pour aller voir une colonie de Lions de Mer à Punto Tumbo, plus au sud.

Photo_compress-291Arnaud au milieu des dunes / samedi 24 janvier

Photo_compress-292Où est passé le pêcheur? / samedi 24 janvier

Photo_compress-293La jeep profite aussi de la plage / samedi 24 janvier

Photo_compress-294Farniente face à l’immensité / samedi 24 janvier

Photo_compress-295Farniente face à l’immensité / samedi 24 janvier

Grosse erreur… Les 10 km de route de terre sèche en plein vent sont une horreur, et comme si ça ne suffisait pas, on se fait braquer à l’entrée du site pour voir seulement pendant 5 min ces grosses bêtes à des dizaines et des dizaines de mètres ! À bout, on finit par péter un plomb et crier au scandale, demandant même à se faire rembourser, bien entendu en vain.

Photo_compress-298Photo_compress-296Des toutous de mer à l’heure de la sieste / samedi 24 janvier

De retour à l’hostel, et un peu sur notre faim, on remballe nos sacs et on part le lendemain en direction de Buenos Aires. Nous revoilà en sortie de ville, repartis pour toute une journée de galère à côté d’une station service où d’autres autostoppeuses nous voleront tour après tour nos chances de s’extirper de ce bled. Malgré toutes les différentes techniques mises en œuvres, rien y fait, les filles auront toujours les faveurs des routiers, au final tous un peu vicelards.

Photo_compress-299Arnaud teste une nouvelle technique de stop / dimanche 25 janvier

En fin de journée, on est enfin pris part un camionneur qui roule vers Mar del Plata, puis Buenos Aires. Banco ! On est trop content, on lui prépare même des maté à la chaîne pourtant dans des conditions plutôt précaires et dangereuses dans la cabine de son camion (bombonne de gaz + feu + eau brulante qui gicle dans tous les sens). Mais après avoir échanger sympathiquement pendant un moment avec l’énergumène on apprend qu’il conduit depuis la veille au matin et qu’il n’a quasiment pas dormi. Et pour ne rien arranger, son patron lui demande de se rendre directement à Buenos Aires sans faire de halte à Mar del Plata. Eh c’est parti pour une nuit assez stressante à surveiller que notre chauffeur ne pique pas du nez, ce qu’il fera pourtant à plusieurs reprises malgré nos efforts.
Mais nous voilà heureusement arrivé, sain et sauf, à Buenos Aires. Le tout après plus d’une quinzaine d’heures suffocantes de tabac et de chaleur en compagnie de ce routier un peu cinglé.

Photo_compress-300Dorian prépare le mate pour les troupes / dimanche 25 janvier

Photo_compress-302Arnaud se prépare à passer une longue nuit / dimanche 25 janvier

Photo_compress-301Notre chauffeur concentré sur la route / dimanche 25 janvier

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: