CHILI : Carretera Austral

Après la petite session pluvieuse du côté de l’île de Chiloé, il est temps pour nous de rentrer dans le vif du sujet en attaquant la Patagonie par le nord avec sa célèbre Carretera Austral, soit 1200km de route/piste dans des conditions plutôt ardues: pluie quasi continue, relief, boue, pierres.
Pour éviter toutes les petites traversées en ferry des 400 premiers kilomètres, on prend un bateau qui nous emmène directement au kilomètre 400 moyennant une nuit de traversée. On amorce donc le stop dans la petite ville fantôme de Chaiten, après 13h de ferry dans les pattes.

Photo_compress-151Ferry de traversée pour le départ de la Carretera / samedi 27 décembre

On est rapidement pris en stop par Mauricio qui va 300km vers le sud. Notre ami chilien travaille dans l’élevage de saumon. De ce que l’on comprend, il injecte plein de jolies molécules aux saumons pour qu’ils deviennent grands, heureux et véloces à l’âge adulte. Véloce un peu comme Mauricio en fait, car Mauricio a une deuxième passion dans la vie : la vitesse. Les services de transport indique entre 7 et 8h pour le trajet, le bougre en mettra 4 à l’aide d’une règle assez simple: goudron=140km/h, boue=100km/h, cailloux=80km/h. Heureusement qu’on a mangé léger le matin… sur quelques portions on alterne tête sur la vitre gauche/tête sur la vitre droite en une fraction de secondes. La musique des années 80/90 rugit du poste. Pas le temps de faire de signes de croix, on roule à tombeau ouvert. Sweet dreams are made of this, c’est le poste qui le dit. Notre pilote fait tout de même quelques arrêts sur la route pour nous montrer la démesure des paysages qui nous entourent, avant de nous lâcher le soir dans la minuscule ville portuaire de Puerto Cisnes.

Le bolide de Mauricio et une série de cascades / samedi 27 décembre

Une bonne nuit de repos plus tard, la journée de stop suivante est désastreuse. On attend 9h à faire du stop sous une pluie battante avant de se résigner à prendre un bus qui passait par chance dans le coin. Ça donnera naissance à une nouvelle expression dans le duo : « faire une Puerto Cisnes » qui signifie attendre de manière démesurée.
Le reste de la Carretera se déroule plutôt bien, on se sent vraiment aux tréfonds du bout du monde, on alterne les paysages granitiques grandioses, les villes désertiques et les petites maisons isolées au milieu de grands espaces.

Photo_compress-154Maison solitaire / mercredi 31 décembre

On quitte la carretera au niveau de Puerto Ibañez pour se mettre en direction de la frontière Chili/Argentine. Encore une fois, les poules font la loi dans les rues.

Grosse ambiance à Puerto Ibañez / mercredi 31 décembre

La traversée en bateau vers Chile Chico, la ville frontalière, nous donne un bel aperçu des massifs de la Patagonie du sud qui nous attendent.

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Traversée vers Chile Chico / mercredi 31 décembre

Après 3h de traversée, on passe 1h à errer dans la ville de Chile Chico à la recherche d’un logement: on est le 31 décembre, il est 22h, on a ni logement, ni bouffe et 3 chiens errants se mettent à nous suivre. Ca commence à sentir le jour de l’an dont on parlera à nos enfants pour dire que la vie n’a pas toujours été rose.

Photo_compress-161Le port de Chile Chico / mercredi 31 décembre

Photo_compress-162La colline de Chile Chico / mercredi 31 décembre

On trouve notre auberge à 22h30 après avoir toqué à 2 qui affichaient complet. A 23h on est dans le seul resto ouvert de la ville, la TV diffuse un florilège de clips des années 80, que l’on prend un plaisir coupable à regarder en se rappelant les routes escarpées de la Carretera Austral avec Mauricio. Le service tarde un peu, on est servi à 23h40, on englouti notre porc en sauce entre un clip de Georges Michael et de Bananarama puis on file en courant vers l’auberge demander l’heure limite à laquelle on peut revenir. Il est 23h50, le porc en sauce est à 2 doigts de ressortir, on trace vers le port où l’on arrive juste à temps pour ouvrir le Pisco (alcool chilien) et le siroter pour le minuit fatidique. Ca y est, on est en 2015. Pas un bruit dans les rues, pas de feu d’artifice. Juste quelques gens qui marchent paisiblement. On monte sur les hauteurs pour prendre quelques clichés de la ville de nuit et savourer notre Pisco.

Minuit à Chile Chico / jeudi 1er janvier

La soirée se terminera à l’auberge devant l’ordinateur, à envoyer des vœux virtuels, faute de mieux, mais au moins on se couche repus et avec un toit. Le jour suivant on prend la direction du pays voisin. La femme qui tient l’auberge nous emmène gentiment jusqu’au poste de frontière à quelques kilomètres.

Photo_compress-166Le poste de frontière Chili-Argentine / jeudi 1er janvier

Photo_compress-167Le duo rayonnant / jeudi 1er janvier

Photo_compress-168Petite maison en lisière de frontière / jeudi 1er janvier

De là on amorce notre trip vers les contrées désertiques d’Argentine…

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