CHILI : Île de Chiloé

Ça y est, on se remet on route, ou en mer ce coup-ci. Pour une fois, on a pris les devants. On a préparé les affaires la veille, on a la bouffe, tout est okay. Donc on part tôt, vers 10h ! Oui oui, on sait, mais on ne peut pas faire mieux. C’est les vacances en même temps, et qu’elles durent 2 semaines ou un an ça change rien pour nous.
Donc on quitte, serein, Puerto Varas et ses beaux volcans pour mettre le cap sur l’île de Chiloé. On arrive à Puerto Montt, persuadé de prendre le prochain navire, mais ça, c’était sans compter sur un des membres du duo qui, par un heureux hasard, a oublié son passeport à l’auberge. Il se remet donc en route pour un petit aller retour d’une heure et demi pendant que l’autre moitié patiente bien gentiment au terminal avec tout le bardas, entouré de gens pas nets et de chiens errants affamés !

Photo_compress-72Départ de Puerto Montt pour Chiloé / mardi 23 décembre

Photo_compress-116Sur le bateau pour Chiloé / mardi 23 décembre

Nous voilà enfin en mer, direction Ancud, au nord de l’île. C’est un joli petit port de pêche, que nous ne pouvons apprécier malheureusement que sous la pluie. Nous sommes la veille du réveillon de Noël et tout le monde ici paraît avoir pris sa journée pour acheter de quoi préparer un bon repas et des cadeaux pour les plus jeunes. Les gens prennent très à cœur les fêtes chrétiennes dans cette partie du monde. Seuls quelques pêcheurs continuent, malgré le temps, à partir en mer ou à prendre soin de leurs vaisseaux.

Photo_compress-117Ancud, petite beauté avant de reprendre la mer / mardi 23 décembre

Photo_compress-118Parfois, ça mouille dans le coin / mardi 23 décembre

Cette bourgade est notre point de départ pour rendre une petite visite à de drôles d’oiseaux. On se met en action mais comme bien souvent, notre mode opératoire est encore à revoir. On a un peu oublié de se renseigner sur les horaires des navettes pour nous rendre sur le site qui est à une petite trentaine de kilomètres d’où l’on se trouve, et on a loupé le dernier bus. Nous voilà donc sur le bord de la route, le pouce tendu. Après avoir essuyé bien des refus, un papi nous fait monter dans sa fourgonnette et nous emmène à mi-chemin.

Photo_compress-119Paysage breton à l’ouest d’Ancud / mercredi 24 décembre

Heureux mais inquiets, car les environs n’ont pas l’air très fréquentés, on redirige le pouce vers le ciel. Une voiture nous apparaît au loin. Elle s’arrête. On entre et nous voilà embarqué dans un vieux 4×4, conduit par une jeune fille dont l’âge nous semble bien peu avancé pour être au volant d’un tel bolide, ou de toute autre voiture soit dit en passant. Son vieux père, assis à côté, nous parle de choses et d’autres, malheureusement sans qu’on ne puisse y comprendre quoi que se soit. Le bougre prend bien le temps de mâcher tous ses mots.

Photo_compress-120Un îlot de verdure / mercredi 24 décembre

Photo_compress-129Pause pique-nique sur un petit belvédère / mercredi 24 décembre

On fini les quelques derniers kilomètres à pieds, profitant du paysage côtier. Tout ici est très vert et sauvage. C’est un peu la Bretagne chilienne.
Après une petite heure de marche et un bon pique-nique en compagnie de notre premier « camembert » chilien, on arrive enfin sur une magnifique plage de sable fin. Tout est calme, il fait bon, et il n’y a quasiment personne dans les parages. Ça ressemble à un petit paradis. Quand on pense qu’on est la veille de Noël et qu’en général à cette époque on se gèle le cul dans nos montagnes encore sans neige…

Photo_compress-121Plage de sable fin et départ pour les pingouins / mercredi 24 décembre

Quelques cahutes bordent la plage, proposant chacune des virées autour de la baie pour aller à la rencontre de la faune locale. C’est un coin assez agréable, il n’y a pas de touristes. On prend un billet et on patiente, le temps que d’autres individus un peu étranges comme nous viennent se payer une balade en bateau pour aller voir des pingouins un après-midi de réveillon. On patiente un bon moment, les mecs des bateaux aussi, même s’ils sont bien conscients que personne d’autre ne viendra.

En attendant les pingouins / mercredi 24 décembre

Eh voilà, c’est parti ! La fine équipe, seule sur son navire, prête à en découdre. On sympathise assez rapidement avec le guide avec lequel on discute photo, voyage, etc. Il est à fond, et entre deux discussions il nous raconte tout ce qu’il y a à savoir sur la faune du coin, accompagné de grandes exclamations « à la française » pour nous mettre un peu d’ambiance. On retient au final à peu près 1/20e de ce qu’il nous raconte.

Pelicanus thagus, Spheniscus humboldti, Spheniscus magellanicus, Cathartes aura / mercredi 24 décembre

On rentre ensuite tranquillement sur Ancud en stop avec un agriculteur du coin. Un profond désir qu’il nous invite chez lui pour le repas de Noël nous envahi, mais en vain. C’est un paysan sympathique mais un peu rustre. On décide de quitter la ville pour nous diriger sur Castro, la plus grande ville de l’île, espérant trouver là-bas chaleur et animation en cette soirée un peu spéciale.
L’auberge qui nous accueille ressemble à s’y méprendre à un hospice, mais on est heureux d’avoir depuis la première fois du voyage une chambre individuelle avec salle de bain. Un petit chez nous le temps d’un soir ou deux. On déballe les affaires et on se rend tout à coup compte que l’on n’a rien prévu pour manger ce soir, et qu’aujourd’hui tout est fermé ! On fait les fonds de sacs et on arrive tant bien que mal à se préparer un semblant de repas avec ce qu’il nous reste. Au menu : rizotto aux asperges et yaourt à la mure ! On s’en sort pas si mal finalement, ça aurait pu être pire. Ceci étant, les gens qui gèrent l’auberge fêtent Noël dans la salle d’à côté, et ça ne nous empêche donc pas de saliver toute la soirée devant les bons plats de viandes, salades et gâteaux qui nous passent sous le nez… Maudit soient-ils!

Repas du réveillon de Noël / mercredi 24 décembre

Pour nous réconforter, on part à minuit faire un petit tour de la ville, armé d’une bouteille de champagne à 2000 pesos (3€) et d’une tablette de chocolat achetées dans un petit kiosque miraculeusement ouvert à ce moment là. On savoure finalement le tout face à la crèche et son petit Jésus sur la place centrale, toujours accompagnés de nos amis errants à quatre pattes.

JOYEUX NOËL !

Photo_compress-136Amas de bateaux sans vie / jeudi 25 décembre

Photo_compress-137Pas de jour férié pour ce soudeur / jeudi 25 décembre

Photo_compress-142Des enfants s’amusant avec leurs nouveaux jouets / jeudi 25 décembre

Le lendemain matin, en nous baladant le long du petit port, on découvre, comme si c’était pour nous faire un cadeau, toute une tripoté de femelles lions de mer en train de jouer ensemble et de taquiner un pauvre chien égaré. Un impressionnant moment face à ces grosses bêtes de plus de 2m.

Des lions de mer joueurs / jeudi 25 décembre

Malgré l’été qui vient de démarrer ici, le temps reste toujours un peu le même. Il ne faut pas trop compter sur cette partie du Chili pour espérer passer de longues journées en t-shirt et lunettes de soleil, mais plutôt composer avec les averses, la bruine, le vent et les percées ensoleillées.
Ça ne nous empêche pas de profiter de l’architecture étonnante (et classée au patrimoine mondial Unesco) de toutes les églises de Castro et des petites îles environnantes qui font la particularité de Chiloé. Elles sont toutes exclusivement composées de bois, que ce soit dans la structure comme dans l’habillage. Certaines se démarquent en se parant d’une couche de tôles très colorées. Des édifices qui n’ont rien à envier à nos belles églises de pierre françaises.

Églises de Chiloé / vendredi 26 décembre

Toutes les maisons sont aussi construites sur ce modèle. Structure, murs et planchers de bois, le tout habillé de tôles et/ou de tuiles de bois, dans des couleurs souvent très vives.

L’architecture chiloette / jeudi 25 décembre

Photo_compress-147L’architecture chiloette / jeudi 25 décembre

Mais les plus impressionnantes sont encore les palafitos. Constructions sur pilotis qui bordent les canaux à l’entrée et la sortie de la ville. Ces maisons ont été construites par des paysans qui sont arrivés dans la région à la fin du XIXe siècle, et qui n’avaient pas d’autres endroits pour s’installer que de construire sur l’eau. On peut admirer les mêmes en France, dans la baie d’Arcachon, mais seulement là-bas, il n’y en a que deux…

Palafitos de Castro / jeudi 25 décembre

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