ARGENTINE : Buenos Aires

Buenos Aires, capitale de l’Argentine et grande ville du monde se dessine enfin devant nos yeux. Au revoir les grandes étendues désertiques, le silence et l’air frais. Bonjour les buildings, la foule, le tango et la chaleur!

Photo_compress-377Eva Perón sur l’avenida 9 de Julio, la plus large du monde / mardi 3 février

Il faut bien le dire, la ville est à mille lieux de tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. La mégalopole aux plus de 15 millions d’habitants s’offre à nous dans une moiteur étouffante. Les premières heures pour rejoindre le centre-ville sont impressionnantes. Un nombre incalculable de quartiers se succèdent où le flot de voitures, motos et bus s’intensifie chaque minute. Les rues polluées et sales et les bâtiments en béton et briques décrépis envahis de vendeurs en tout genre laissent doucement place à de grandes avenues dans le plus pur style Haussmannien. Petits palais, hôtels, théâtres, etc. d’influences beaux-arts, art nouveau, néobaroque et néoclassique français, pour la plupart, se dressent tout autour de nous une fois dans le vieux centre-ville.

Le Cabildo, Confiteria del Molino et la Casa Rosada / vendredi 6 février

Nous voyant bien chargés et galérer sur un minuscule plan de la ville, une vieille dame très sympathique nous interpelle dans le bus et nous propose son aide pour nous trouver un endroit où loger. Elle ira même jusqu’à appeler son petit-fils qui nous donnera une petite liste d’adresses dans le centre. La gentillesse argentine, une chose à laquelle on goûte trop souvent ici contrairement à chez nous.
Après avoir essuyé plusieurs échecs, nous voilà tombé dans le dernier hostel de la liste. Pas vraiment donné, on se résigne à rester ici pour une nuit avant de nous rendre le lendemain dans le quartier Almagro où un couchsurfing nous attend.

Des tours, des places, et un train traversant le coeur de la ville  / mardi 27 janvier

D’ici là, on va commencer notre séjour dans la capitale par écumer les parcs pour essayer de se trouver un peu plus d’air. Certains s’intègrent dans la maille urbaine comme des minis Central Park, d’autres se répandent comme d’immenses tâches vertes au milieu des quartiers plus aisés où l’ambiance est plutôt côte californienne. Au final, ils sont assez jolis, peu peuplés et bien entretenus, parfait pour s’extraire un temps de la ville en ébullition.

Photo_compress-370La plaza Holanda, ses palmiers et son lac / mardi 2 février

Photo_compress-369La plaza Holanda et ses sportifs bodybuildés / mardi 2 février

Photo_compress-371Le planétarium Galileo Galilei / mardi 2 février

On tire même jusqu’à la réserve écologique située entre le centre ville et l’Atlantique pensant trouver LE parc de Buenos Aires, … eeeeh bien non. C’est tout simplement immense, il y fait chaud, une chaleur bien moite, et niveau parcours de balade on a vu mieux. On a seulement le droit à une ligne droite infinie où les joggers que l’on croise nous donnent qu’une envie : enfiler short, débardeur et baskets pour les suivre et au moins transpirer pour quelque chose. Le seul truc assez sympa est d’apercevoir les gratte-ciels derrière ce paysage humide et dense qui nous rappellent qu’à quelques dizaines de mètres de la jungle où l’on se trouve, une autre jungle, beaucoup plus urbaine, nous attend.

Photo_compress-308Photo_compress-309La réserve écologique Costanera Sur / mardi 27 janvier

En revenant, on découvre la balade le long des quais de Puerto Madero. Le quartier tout beau tout neuf de la capitale. Les touristes abondent, les restos et bars un peu chers aussi, mais cet endroit reste agréable. On flâne un moment entre ces gratte-ciels et ces vieux bâtiments industriels réahabilités, jusqu’à traverser le fameux Puente de la Mujer (Pont de la Femme) de l’architecte espagnol Santiago Calatrava. Si, vous savez, c’est lui qui a fait pas loin de chez nous l’aéroport Lyon Saint Exupéry, et encore tout plein de trucs foufous partout en Europe et dans le monde. Pour en revenir à ce pont, il a une certaine particularité, c’est qu’il peut tourner sur lui-même pour laisser passer les bateaux. Classe non ?! Bon, on n’aura jamais l’occasion de le voir en action mais juste l’imaginer tourner reste assez impressionant.

Les quais de Puerto Madero / mardi 27 janvier

Comme prévu, on arrive ensuite chez Barbara, notre couchsurfeuse. C’est une jeune artiste qui vit dans un magnifique appartement au cœur du quartier Almagro. On sympathise assez rapidement avec elle, et c’est parti pour une bonne semaine inoubliable dans le secteur arty de la capitale aux touches berlinoises.

Coucher de soleil sur Almagro et la Konex / mardi 27 janvier

On attaque même en beauté en allant lui donner un coup de main dans une petite école où elle doit finir rapidement une fresque pour les enfants. Armés de nos pinceaux, on doit s’occuper de tous les « détails » et des insectes. Un super souvenir rempli de fous rires.

Journée peinture pour la troupe / jeudi 29 janvier

Elle nous emmène ensuite fêter la fin de ce travail en rejoignant deux amies à elle dans les bars. Deux sublimes portègnes (habitantes de B.A.), et accessoirement profs de Tango. Après quelques bières elles nous emmènent dans LE lieu où il faut avoir été au moins une fois à Buenos Aires. La Catedral del Tango. On s’installe, les yeux totalement écarquillés à admirer cet espace incroyable et toute sa déco. Une ambiance très agréable flotte dans les airs. Il fait sombre mais quelques lampions au milieu de cette grande salle éclairent les danseurs virvoltants sur ce fameux Tango.

Le Tango, une danse libre d’âges et de sexes / vendredi 30 janvier

On ne fera pas l’affront de s’essayer au milieu de tous ces habitués à quelques pas maladroits, mais les deux profs qui nous accompagnent, elles, ne se privent pas de nous dévoiler la mesure de leur talent en s’installant toutes deux au milieu des autres couples de danseurs. Peut être l’une des choses les plus sensuels qu’il nous ait été donné de voir dans notre vie ;-).
Le lendemain, et équipés de nos appareils photo, on retourne dans cette cathédrale pas comme les autres pour une soirée spéciale avec Barbara et un troisième couchsurfeur chilien qui nous a rejoint. Les concerts acoustiques, les spectacles d’influence flamenco et le Tango s’enchainent toute la nuit, nous laissant un souvenir particulièrement marquant de ce que peut être la magie argentine. Un lieu à ne pas louper!

Le Catedral, le coeur du Tango / vendredi 30 janvier

Durant cette semaine, les rencontres et les soirées se seront enchaînés dans ce quartier bouillonnant. Soirée rencontre et cinéma d’art et essai dans un lieu informel tenu par des artistes. Une autre dans un bar tenu par un français où l’on savoure les meilleures empanadas de notre voyage. Ou bien encore d’autres dans l’appart’ ou sur son toit-terrasse avec chaque fois de vrais festins et beaucoup de bons vins argentins et d’alcools (italiens) encore inconnus pour nous, comme le Fernet-Branca dont ils raffolent tous, ou le Cynar, l’alcool d’artichaut. De très bons moments où il devient parfois difficile de savoir quelle langue parler tant les nationalités se mèlent, jonglant tout le temps entre castillan, anglais et français.

Barbara et ses invités / dimanche 1er février

Un petit boeuf  / dimanche 1er février

On déménage au bout d’une semaine pour laisser la place à tous les nouveaux couchsurfeurs qui viennent s’installer pour un temps chez Barbara. Mais on aura beaucoup de mal à décrocher de ce quartier où l’on reviendra assez souvent. On migre donc dans un hostel de Boedo, le quartier voisin. Là aussi les rencontres vont se succéder. L’ambiance est vraiment plaisante, malgré la chaleur qu’il règne dès que la climatisation se coupe. Les gens viennent du monde entier. On s’organise de grands asados (le barbecue argentin) sur le toit-terrasse, et sort profiter du carnaval qui a lieu sur l’avenue au pied de l’immeuble. Les différents quartiers de la ville y sont représentés. C’est un beau spectacle où les enfants et les ados sont comme des fous et prennent un malin plaisir à asperger tout le monde avec des bombes de mousse.

Le carnaval des quartiers de Buenos Aires  / samedi 31 janvier

Profitant d’être plus proche du Subte (le métro), on tente de rayonner un peu partout dans la ville pour découvrir le Buenos Aires plus culturel et populaire. On commence par faire un tour des différents musées de la ville, comme le MACBA, le MAMBA ou encore le MALBA (respectivement : Arts Contemporains, Arts Modernes, et Arts Latinoaméricains). Ils se laissent tranquillement apprécier sans pour autant avoir de claque artistique.

Le musée est une école… / lundi 2 février

La feria de San Telmo, ayant lieu chaque dimanche dans ce quartier connu comme l’un des plus anciens de la ville, avec ses maisons coloniales, ses rues pittoresques et pavées, est elle bien plus intéressante. Elle fourmille de vie. Les antiquaires, qui y ont élu domicile, parsèment rues et places et ont investi tous les rez-de-chaussées des bâtiments. D’autres vendeurs en tout genre et des groupes de musique viennent s’additionner à ce joyeux bordel.

La Feria de San Telmo / dimanche 1er février

On découvre aussi, dans un quartier voisin, El Ataneo Grand Splendid. L’une des plus belles librairies qu’on ait pu voir dans notre vie. C’est un ancien théâtre où les plus grandes stars de la chanson argentine sont venues se produire, comme le fameux Carlos Gardel, LE maître du Tango. Les années passent et le théâtre se tranforme successivment en cinéma, puis en librairie au début du XXème siècle. Les étagères de livres prennent alors place dans tout l’édifice et la scène est transformée en café. Une très belle idée de réinvestissement du patrimoine.

Photo_compress-379El Ataneo Grand Splendid / mardi 3 février

Le séjour commence à toucher à sa fin mais avant de partir, un endroit culte de la capitale reste encore à visiter : La Boca.
Ce quartier est tout d’abord connu pour son équipe de football, l’une des plus titrées en Argentine et dans le monde, le Club Atlético Boca Junior, et son stade unique en forme de fer à cheval et vertical surnommé la Bombonera. La visite de ce complexe est impressionnante. Un immense musée prend toute la partie basse et retrace l’histoire du club, avec ses grands joueurs comme Diego Maradona, et de son quartier.

La Boca et sa Bombonera / mercredi 4 février

On se promène ensuite dans le reste de cette ville dans la ville où la majorité des habitants sont d’origine italienne. De petites rues aux bâtiments en tôles bariolées et parsemées de graffitis rythment le parcours. Certaines avenues piétonnes sont infestées de touristes et de boutiques de souvenirs horribles. On essaie de ne pas trop y traîner en tentant de prendre des rues parallèles mais la police nous rattrape vite et nous conseille de rester seulement dans les lieux touristiques. Le quartier est apparemment assez dangereux et certaines zones ne peuvent pas être protégées par les hommes en uniforme. Trop risqué pour eux d’après ce que l’on comprend. On rentre donc un peu déçu de ce quartier transformé par le tourisme de masse qui ne peut nous dévoiler que son côté « Disneyland ».

Le quartier de la Boca / mercredi 4 février

L’un des derniers jours, on décide de monter tout au nord de Buenos Aires pour aller nous balader dans la « Venise » argentine. Une ville appelée Tigre qui n’aura rien de rugissant. Dès que l’on arrive sur place, on flaire le gros piège à touristes. On se rend à l’office du tourisme et là, quelle est notre surprise en apprenant qu’il n’y a effectivement pas grand chose à voir sinon des lieux pour encore dépenser son fric dans des conneries. La seule chose qui paraît porter un certain intérêt est l’immense Marché aux Fruits. Une folle envie de s’acheter là-bas notre dessert, on s’y rend rapidement en longeant quelques canaux où des embarcations de touristes vont et viennent. Enfin arrivé sur place, on est une fois de plus frappé de surprise, en traversant de long en large ce fameux « Marché aux Fruits », de s’appercevoir que pas un seul fruit n’est vendu ici, mais encore une foulitude de souvenirs à la con et autres objets à mille années lumières d’être de bons fruits juteux. Fin de la visite, on en a marre, on rentre.

Les canaux del Tigre / jeudi 5 février

Après deux semaines ici, on décide de tirer vers la province de Misiones, tout au nord-est de l’Argentine. Mais avant de repartir, on se fait un dernier petit plaisir en s’offrant chacun un bon kilo de viandes de toutes sortes que l’on dévore à pleines mains et en pleine nuit devant la Casa Rosada (le Palais présidentiel). Grande classe.
On finit la soirée en retournant nous promener le long des quais de Puerto Madero pour admirer les lumières de la ville au dessus du canal et manger enfin une succulante salade de fruits !

De nuit, les quais de Puerto Madero / vendredi 6 février

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