PARAGUAY : Asunción

Voilà un mois passé dans la vaste Argentine, et il nous reste encore tant à découvrir de ce pays. Cependant, une petite pause s’impose. Étant coincés dans la pointe nord-est, à la frontière avec le Brésil et le Paraguay, on décide de traverser ce dernier pour rejoindre le nord argentin.
Comme bien souvent, on part tête baissée, en impro totale, avec pour destination cette fois-ci Asunción, la capitale du pays. Le trajet s’avère plein de surprises, comme par exemple le fait de s’apercevoir au bout d’un bon moment qu’on est au Brésil alors qu’on pensait être au Paraguay, ou encore de passer finalement la frontière dans un bus urbain, sans s’arrêter, et d’être obligés d’en descendre, après avoir mis le temps de percuter, pour prendre un taxi et revenir à la douane. Ne pas faire tamponner notre passeport aurait pu nous faire passer de féeriques instants au royaume enchanté des forces de l’ordre locales.

10599705_800024196713320_5087284627587065174_nArrivée sur Asunción au soleil couchant / jeudi 12 février

Après avoir traversé le sud du pays d’est en ouest, nous voilà approchant d’Asunción au soleil couchant. On entre dans cette ville comme dans un autre monde. Tout est très différent de ce qu’on a pu voir pour l’instant. Il fait une chaleur infernale malgré la nuit, et les bâtiments, certains d’influence coloniale, d’autres plutôt années 60, tous délabrés mais toujours assez beaux, donnent une atmosphère singulière au centre ville.

Immeubles du centre ville / vendredi 13 février

On tourne un bon moment à pieds dans différents quartiers pour trouver un hostel convenable, quand on rencontre soudain un allemand qui nous conseille celui où il se trouve, et apparemment tenu par un français.
Arrivés là-bas on tombe directement sous le charme du lieu. Il y a tout pour être heureux et s’occuper et tout est vraiment très bien tenu. On rencontre le fameux lyonnais à qui appartient l’hostel et sa compagne paraguayenne, un couple vraiment adorable. C’est assurément le meilleur hostel qu’on ait fait pour le moment et on se dit finalement qu’on va bien pouvoir rester quelques jours ici pour profiter un peu.

Photo_compress-501Un des graffs de l’hostel / dimanche 15 février

Photo_compress-488Un autre graff de l’hostel / dimanche 15 février

Photo_compress-502Le jardin de l’hostel / dimanche 15 février

On commence par découvrir le coeur historique de la ville, où les vieux immeubles, les boutiques et restaurants, tout comme les automobiles, nous font faire un petit saut dans le passé de quelques décennies.
C’est un endroit dont on se surprend à trouver un certain charme. Et le fait de ne croiser aucun touriste est aussi assez plaisant. Ils sont remplacés par les guaranis, le peuple amérindien qui vit dans cette partie du continent, et dont la langue (coofficielle au Paraguay) est très différente de tout ce qu’on connaît. On commence enfin à toucher du doigt l’Amérique Latine pure et dure. Par contre la population est malheureusement assez pauvre par ici, et l’on doit faire attention à nos affaires, surtout aux appareils photos que l’on ne sort que très rarement.

Photo_compress-482Un pêcheur dans le fleuve / vendredi 13 février

Photo_compress-483Ça n’a pas l’air de mordre / vendredi 13 février

On tente de trouver les bâtiments d’importance à voir de la capitale mais visiblement ils ne se courent pas après. On se laisse finalement et simplement porter par l’ambiance de certaines rues et places tout en profitant de la gastronomie locale. C’est un vrai plaisir de tomber enfin dans un pays avec une réelle identité culinaire, même pour pas cher, et en plus de ça assez savoureuse. C’est vrai que pour le moment on n’a pas encore eu la joie de profiter réellement de la fameuse viande argentine.

Gare, Palais présidentiel, Panthéon et église / vendredi 13 février

On essaie de s’intéresser un peu plus à l’histoire paraguayenne en allant visiter le petit et introuvable musée des mémoires : dictature et droits de l’homme. Une belle claque. On découvre dans cette ancienne maison reconvertie, où plus de 10.000 personnes ont été torturées et assassinées par la police de l’époque, toutes les atrocités qu’a vécu le pays sous la présidence Stroessner. À savoir, la plus longue dictature d’Amérique Latine (1954-1989). L’homme qui nous fait la visite est très touchant. Il travaille ici, seul, depuis son ouverture il y a une quinzaine d’années et il donne l’impression de porter tout le poids de cette histoire sur ses frêles épaules. Il semble avoir vécu des choses difficiles en lien avec ce lieu. Dur d’en savoir plus sur lui malgré notre intérêt. Le vieil homme est assez réservé.

Homme peu apprécié, statue torturée et reconstitution / vendredi 13 février

Après avoir parcouru le centre, on se dirige sur la Costanera, la balade le long du fleuve Río Paraguay. On découvre le vieux port de la ville où de petites embarcations s’apprêtent à lever l’ancre. Un navire de guerre bien seul semble échoué sur les bords de ce fleuve et nous interroge sur son utilité pour ce pays si loin des mers. La force armée paraguayenne ça fait pas rigoler…

Photo_compress-477Photo_compress-479Photo_compress-478Photo_compress-480Vieux port, embarcations, navire de guerre et pique-nique / vendredi 13 février

En continuant notre promenade on tombe sur des militaires qu’on passe un moment à regarder sautiller dans tous les sens. La balade sert apparemment aussi de terrain d’entraînement. On les suivra jusqu’à tomber sur une plage un peu insolite et déserte sur le bord du fleuve qui à vrai dire ne fait pas rêver. Le Paris-plage à la sauce d’ici en somme.

Photo_compress-481Entraînement militaire derrière le palais / vendredi 13 février

Photo_compress-484Asunción-plage / vendredi 13 février

Au retour on longe le bidonville qui s’est installé entre le centre-ville et la balade. C’est un spectacle qui révèle bien la situation du pays. Face aux bâtiments des institutions d’importance, des différents ministères et du palais présidentiel se dressent des cabanes de tôles et de bois où vit la misère de la ville. Des enfants jouent au milieu des déchets et des cochons en liberté font leur vie dans ce chaos. Le tout surveillé d’un œil par la police pour que les bureaucrates puissent arriver ou partir avec leur grosses voitures sans soucis.

Photo_compress-486Bidonville entre la balade et le centre ville / vendredi 13 février

Photo_compress-487Un enfant du quartier qui voulait sa photo « sans les mains » / vendredi 13 février

On commence à côté de tout ça à se faire quelques amis à l’hostel. Tout d’abord un certain Abdul, un parisien en vacances ici depuis un bon moment avec qui on sympathise pas mal. Puis avec un irlandais et un russe avec qui on ira défier le lendemain une équipe de foot locale, avec l’aide de notre hôte lyonnais, sur les terrains de foot en carrelage du quartier. Ce jour là la chaleur est plus qu’accablante et la pluie rajoute en humidité, on subit mais bataille comme jamais. Un moment inoubliable.

10978541_801067949942278_8839724730691929949_nFoot sur carrelage, attention les chutes / samedi 14 février

Photo_compress-499Retour de match, on a mouillé le t-shirt / samedi 14 février

Le soir venu, on sort avec Abdul pour une soirée dans un bar branché de la ville dont le thème est plutôt sympa. On est la veille de la Saint Valentin et tout le monde sort ce soir-là sans son compagnon (ça marche dans les deux sens). On rencontre tout d’abord une jolie jeune paraguayenne, grâce à Abdul qui y va plutôt franco avec les filles, puis quelques autres et on finit par passer toute la nuit avec tout un gros groupe d’amis vraiment sympa qui nous emmène un peu partout dans la ville. Un super moment partagé!
Le lendemain, la soirée de la Saint Valentin est par contre beaucoup plus calme bizarrement…

Photo_compress-500Petit bouquet de ballons pour la Saint Valentin / samedi 14 février

Guillaume, le proprio, nous conseille d’aller visiter le Mercado 4, le grand marché populaire de la capitale. Selon lui, ce lieu vaut le détour. Et il est vrai que dès qu’on y arrive, on se dit qu’il ne s’est pas trompé. On entre, la plupart du temps les pieds sous l’eau, dans un dédale d’échoppes, de vendeurs en tout genre, de ruelles, grandes salles, galeries, etc., d’une dimension impressionnante. Une véritable ville dans la ville vivant ce jour-là sous une jolie pluie. Tout y bouillonne d’une certaine effervescence latine. Les cris des vendeurs, l’odeur de la nourriture chaude volant dans les travées étriquées, les enfants courant dans tous les sens, et la foule omniprésente nous déconnecte pour quelques instants de tout ce qu’il y a autour et nous pose là comme deux spectateurs d’un immense spectacle.

Un homme évacue l’eau, un autre se croit à Fort Boyard / samedi 14 février

Marché sous la pluie / samedi 14 février

Tout se vend dans ce marché. Des objets, des produits, des vêtements, de la nourriture, des animaux, des services. Tout y passe. Tout se mêle et s’entremêle. On se perd plusieurs fois. On passe et repasse aux mêmes endroits sans s’en rendre compte. On ne sais plus où l’on se trouve. Tout est différent et en même temps tout se ressemble. Mais quelques fois, certaines choses nous attirent l’œil, comme des personnes ou encore des détails en arrière plan, et nous replacent dans ce grand chaos.

Photo_compress-494Un coiffeur sous le regard de la vierge / samedi 14 février

Photo_compress-495… mais pas que ! / samedi 14 février

Photo_compress-496Une homme concentré derrière son établi / samedi 14 février

Lorsque que l’on décide de s’extirper de ce complexe fait de bric et de broc la pluie a cessé. Devant nous, la rue fourmille elle aussi de bus, voitures et motos s’agitant au rythme des klaxonnes qui rivalisent de décibels. Un jolie ballet.
Le lendemain à l’hostel, Guillaume nous propose de regarder un film récent (7 cajas) tourné dans ce fameux marché. L’histoire est assez sympa et tourne autour des porteurs qui circulent partout dans ses allées et a qui il va arriver pas mal de choses assez sombres. Un film mi-espagnol mi-guarani qui nous a directement replongé dans les méandres du Mercado 4. À regarder si vous avez envie d’avoir un petit aperçu de ce lieu en un peu plus dynamique qu’une photo.

Photo_compress-497Devanture du Mercado 4 / samedi 14 février

Photo_compress-498Une des rues longeant le marché / samedi 14 février

Voilà, il est temps de dire au revoir à nos nouveaux amis et de reprendre la route de l’Argentine. Mais ces quelques jours ici auront été une vraie surprise et nous laissent de très bons souvenirs plein la tête.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: