ARGENTINE : Salta / Cafayate

Le départ de Córdoba se fait sous un beau soleil, mais le coeur lui est bien serré. Heureusement, le trajet avec Gaby est très cool. Pour info, Gaby c’est une amie de Tomás qu’on a rencontré lorsqu’on est allé retirer de la boue après une inondation non loin de là, et qui se rend aujourd’hui dans le même coin que nous au nord-ouest de l’Argentine. Avec elle on discute de tout, se marre, se fait découvrir nos musiques, etc. Tout roule. On se perd quelques fois en essayant de contourner les barrages routiers car la région est touchée encore assez loin par les inondations. Certaines parties de routes ont été détruites et des ponts ont été emportés. Après s’être extirpés de la campagne et avoir retrouvé la bonne direction, on s’arrête faire une courte pause dans une charmante station service dont l’espace de jeux pour les enfants nous laisse encore dubitatif sur son positionnement.

Salta-Cafayate-1Danger, décharge de combustible / lundi 09 mars

En fin de journée on est écrasé dans notre Peugeot 207 par la pluie qui a repris le dessus. Il tombe des trombes et les champs autour de nous baignent sous les eaux. On sert les fesses pour arriver à rouler encore assez longtemps et sortir de cette panade. La nuit tombée, et la chaussée toujours plus détrempée, Gaby commence un tant soit peu à choir sur son volant. Il faut dire qu’on a déjà pas mal d’heures de route au compteur. Arnaud s’y colle et tente de prendre le lion par les cornes (ou un truc dans le genre…) afin de prolonger nos vies au moins la dernière paire d’heures jusqu’à Salta. Arrivés sains et saufs, malgré une confrontation finale entre le pare-chocs avant et un trottoir qui n’avait rien à faire là, on passe la nuit tous ensemble dans un hostel avant d’en venir le lendemain matin au moment des adieux. Gaby reprend la route pour son boulot plus au nord. Notre dernier lien avec Córdoba nous quitte.
On est à présent de nouveau seul dans la nature.

Balade dans Salta et un toutou important / mardi 10 mars

Salta-Cafayate-2Le centre colonial / mardi 10 mars

On commence alors à visiter Salta, et bien malheureusement, ce n’est pas à la hauteur de tout ce qu’on nous a vendu sur elle. Le coeur est plutôt pas mal mais ce n’est pas non plus la foire au style colonial qui fait pourtant la réputation de cette ville. Après en avoir vite fait le tour et erré dans les quelques parcs, on visite le musée d’archéologie de haute montagne (le MAAM). Le musée, tournant autour des spécificités de l’Empire Inca, est intéressant et très bien fait. Il a été créé après la découverte, non loin de là, de trois momies d’enfants au sommet du Llullaillaco (6739m), deuxième volcan actif le plus haut du monde (le premier étant un de ses voisins).

Le télécabine et le belvédère / mardi 10 mars

On continue la journée en allant prendre le télécabine (suisse) qui nous emmène prendre un peu le frais et de la hauteur pour découvrir le panorama sur les environs. Rien de bien fou à l’horizon mais ça fait plaisir de se sortir de la ville. On s’autorise une bonne sieste sous les arbres avant de redescendre finir notre tour et visiter les quelques églises très colorées du centre.

Église de Salta / mardi 10 mars

On prend ensuite le chemin de Cafayate et de la Quebrada de las Conchas. Les paysages sur les quelques heures de route changent radicalement. Déjà, les vignobles argentins se dessinent pour la première fois devant nous. Les montagnes refont leur apparition, arides et de toutes les couleurs, et les cactus et autres lamas pointent eux aussi le bout de leurs museaux.
À notre arrivée, on tombe dans un superbe hostal vraiment peu cher. La vigne y pousse de toute part, et comme on est en plein dans la période, le raisin est de la partie!

Salta-Cafayate-22Patio de l’hostal / mercredi 11 mars

On enfile rapidement nos chaussures de rando et on saute dans le premier taxi qui passe pour aller jusqu’au départ du trek des cascades du Río Colorado, au sud-ouest de la ville. Une fois payé le garde parc et salué les quelques chèvres sur le chemin on pénètre dans la gorge où l’on fait une petite randonnée contre la montre (les montagnes ferment à 18h…). Autour de nous cactus, roseaux, ruisseaux et plus ou moins grosses chutes d’eau parsèment le site. Une journée bien rempli qu’on achève dans LE restaurant d’empanadas de la région, et sans oublier un bon vin de table estampillé Cafayate.

Río Colorado / mercredi 11 mars

Le lendemain au levé du jour, on monte dans la voiture de Wilson (pas l’ami-ballon de Tom Hanks, mais notre génial guide cafayateño pour la journée). On part avec lui et un couple de portègnes à la découverte de la Quebrada de las Conchas (la Gorge des Coquillages en français). Un paysage sédimentaire spectaculaire sculpté par l’eau et le vent où l’on peut trouver des spécimens de coquillages fossilisés, d’où son nom.
On commence à arpenter le site sous un sympathique soleil levant qui nous permet d’être encore un peu au frais et de profiter des couleurs matinales. Les monticules rocheux qui nous entourent sont surprenants de couleurs et de formes. Ils éclatent de tons ocres et orangés, et l’on devine entre autres des silhouettes de locomotive ou de visage en observant attentivement les reliefs.

Monticules, cheminées, locomotive, visage et “concha” / jeudi 12 mars

Wilson est un amoureux de ses terres et en connaît un paquet sur ce qui les compose. Ça fait 35 ans qu’il vit ici et nous raconte qu’il ne s’est jamais éloigné de sa ville natale que de plus de quelques dizaines de kilomètres. On ne peut pas faire plus local.
On a donc droit à un vrai cours sur la faune et la flore de ce territoire. On y apprend aussi quelques anecdotes marrantes, comme par exemple la venue dans les années 70 des amoureux-des-produits-qui-créent-les-éléphants-roses pour une plante qu’on ne trouve que dans ce type de régions extrêmement arides. Le palo verde, ou bien plus connu sous le nom de Parkinsonia Praecox Des Fabáceas. Un arbuste totalement vert car ses branches et brindilles réalisent la majeure partie de sa photosynthèse. On peut aussi en tirer, par une savante consommation, un psychotrope plutôt ultra puissant. Résultat, ils n’ont jamais plus pu quitter la ville car devenus complètement fous et incapables de retrouver le chemin de la réalité. Aaah ces bons vieux hippies…

Plantes et rochers / jeudi 12 mars

Un peu plus loin, Wilson nous dépose sur le bas-côté et part se stationner à une petite heure de marche de sorte qu’on ait le temps de profiter du paysage. On admire ainsi au loin los Castillos (les Châteaux), puis en marchant le long de la route les paysages montagneux en arrière plan, la rivière aux multiples couleurs et las Ventanas (les Fenêtres) qui parsèment le site. La température commence tout doucement à dépasser les 30 degrés et on est bien heureux de retrouver la clim de la voiture pour rejoindre le prochain arrêt.

Los Castillos, las Ventanas et balade en bord de route / jeudi 12 mars

On arrive ensuite à un pic de roche insolite au bord de la route qui marque l’entrée d’un paysage plutôt lunaire. Ce doigt de pierres pointant justement ce jour-là la lune a été baptisé l’Obélisque en référence à celui planté au milieu de l’avenue 9 de Julio de Buenos Aires, l’un des plus grands du monde. Une fierté par ici.

El Obelisco et son paysage lunaire / jeudi 12 mars

C’est ensuite le moment pour nous de se prendre une grande baffe dans la gueule. Notre guide nous emmène dans un coin peu fréquenté par les guides et touristes car, tenez vous bien, il faut un peu marcher! Après le fast-food c’est le fast-tourism qui contamine les foules. De la consommation rapide et sans efforts du paysage. Mais heureusement pour nous, ça n’ajoutera que plus de tranquillité et plaisir à la découverte de ce site hallucinant.
Le soleil tape maintenant bien fort et l’ombre n’a pas l’air d’humeur à nous donner un petit coup de pouce dans le coin. Les 40 degrés sont dépassés avec une facilité déconcertante, mais c’est le prix à payer pour admirer le panaché de couleurs et de formes que nous offre cette portion des Andes.
On vous laisse profiter du spectacle.

Petite rando dans les montagnes / jeudi 12 mars

Après s’être bien fait maltraités par le soleil, on rejoint un peu plus loin et un peu plus aux vents l’impressionnant panorama des Trois Croix donnant sur une partie de la gorge. On se pose ici un instant regardant le río serpenter dans la vallée, tout comme la très belle route qui longe les reliefs et qui attire de nombreux motards avides de courbes.

Salta-Cafayate-89
Salta-Cafayate-88
Vue depuis Los Tres Cruces / jeudi 12 mars

On commence doucement à atteindre la fin du tour mais deux lieux emblématiques de la région restent encore à voir. Il s’agit de deux failles d’effondrement creusées par des chutes d’eau aujourd’hui à sec. Le premier est le magique Anfiteatro (l’Amphithéâtre) dont la forme permet une acoustique surprenante. De nombreux musiciens viennent jouer et chanter entre ses grandes parois de roche. Il y a même une nuit chaque année où un grand concert de musique classique est donné. Mais ce jour-là, on a plutôt droit à une superbe ambiance de musique folklorique nord-argentine qui n’est pas pour déplaire.

El Anfiteatro / jeudi 12 mars

Musique traditionnelle / jeudi 12 mars

On termine enfin par la célèbre Garganta Del Diablo (encore une!!!), l’autre faille située encore un peu plus loin. Là, de nombreux touristes viennent grimper et pénétrer le plus loin possible dans le site, certains même malgré leurs conditions physiques qui poseront quelques problèmes au moment de la redescente. Il y a aussi comme toujours des irréductibles connards qui se croient tout permis et qui s’amuseront à passer les barrières interdisant l’accès au fond de la gorge, celles-ci évitant sa détérioration et des risques d’accidents. Mais bon, en essayant de ne pas trop faire attention à eux on peut quand même admirer l’ensemble du lieu et se dire que la nature réserve bien des surprises, surtout après tout ce que l’on a vu durant cette journée.

L’entrée de la Garganta del Diablo / jeudi 12 mars

Au coeur de la Garganta del Diablo / jeudi 12 mars

À notre retour, pour finir en beauté, on se dirige dans un restaurant à la déco rétro-rustique-frenchie plutôt sympa. On y savoure pour la première fois un succulent émietté de lama sauce au vin accompagné de ses pommes de terre et de son quinoa. Un plat typique des Andes.
C’est sûr, Cafayate restera une destination marquante de notre voyage.

Salta-Cafayate-102Un succulent émiétté de lama / jeudi 12 mars

6 Comments

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  1. comme d’hab on a toujours envie de se plonger dans l’aventure avec vous…
    le toutou en pierre du début du reportage a l’air bien fier, je préfère les dingos bien vivant que vous avez rencontrés dans d’autres aventures.
    Cout

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  2. Le ragoût de lama a bonne allure…mais je préfère le voir gambader dans sa campagne avec ses potes. Besos de la madre

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  3. Merci pour ces photos toujours aussi belles.
    Et bravo pour votre nouveau site : Bon boulot !
    Bises

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  4. Magnifique, pensons bien à vous. Bisous des Pantel

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