CHILI : Désert d’Atacama

Nous sommes de retour au Chili!
Une ultime étape nous y attendait et non des moindres : l’époustouflant sud de l’Altiplano et son désert d’Atacama, le plus sec du monde!!
Pourtant, à notre arrivée à San Pedro de Atacama, la seule ville du coin, on est accueilli à bras ouverts par un orage assez violent. Les éclairs fendent le ciel, mais le plus impressionnant c’est la pluie qui inonde cette terre normalement si sèche et poussiéreuse.
On décide donc d’attendre avec tous les autres touristes dans le minuscule terminal que la pluie cesse, mais à la première accalmie on tente notre chance pour nous diriger vers un hostel poser tout notre équipement. On arrive trempé et boueux, mais ravis de pouvoir enfin se poser un peu après les dernières aventures argentines.
Au premier abord, l’hostel paraît plutôt sympa, mais c’est sans compter sur la pluie qui redouble de vigueur et qui attaque franchement l’architecture de notre logis. Comme je vous l’ai dit, on se situe dans la région la plus aride du monde, et les constructions n’ont pas vraiment été pensées pour résister à de tels intempéries. Pour la faire courte, l’eau passe à travers les plafonds et le sol en terre se transforme doucement mais sûrement en une jolie flaque de boue. Le top!
On passe donc la soirée tranquilou à cuisiner entre les gouttes avant d’aller nous coucher sous un toit de paille et de terre s’effritant et laissant passer la pluie de-ci de-là.
Le lendemain matin, tout est trempé mais le soleil rayonne. On part alors visiter les ruelles de San Pedro, ville en grande partie pensée pour le tourisme, mais qui possède un certain charme grâce à ses maisons et ses boutiques en adobe et ses allées de terre ocre.

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Un jeune toutou atacamène / mercredi 18 mars

Au détour d’une rue, on tombe nez-à-nez avec deux visages connus. Si vous aviez vu notre surprise en retrouvant Yvan et Sabina, un couple d’italiens férus d’escalade qu’on avait rencontré à Puerto Natales, à des milliers de kilomètres de là! On était installé dans le même couchsurfing et on avait alors bien sympathisé. Mais aujourd’hui, après une mauvaise aventure sur une paroi, le pauvre Yvan a une cheville en sale état et ne peut plus beaucoup se déplacer. On discute un moment (en espagnol, reflex gardé avec eux depuis notre rencontre dans le sud) et se donne rendez-vous en fin de journée pour partager nos aventures des derniers mois autour d’une pizza et de bonnes bières.
Durant la journée, on décide de changer d’hostel pour rejoindre nos amis et surtout pour ne pas repasser une nuit dans la boue et sous la flotte. Le nouveau paraît avoir une toiture plus résistante et le sol est carrelé et c’est tant mieux car un orage doit encore se déchaîner durant la nuit. Tout ça commence à ressembler étrangement à un remake des 3 petits cochons et du grand méchant loup… On s’aperçoit aussi que l’hostel est bondé de français, dont un couple de parisiens avec qui on sympathise et s’échange pas mal d’infos. Un peu après, on part se renseigner pour la location d’un pick-up pour les prochains jours afin d’éviter de débourser des fortunes dans les agences touristiques pour visiter la région, et profiter librement de ces grandes étendues. Les italiens sont en plus partants pour se joindre à nous et partager les frais. Parfait!
Le soir venu, après s’être bien marré et légèrement ennivré, on doit malheureusement abandonner Sabina et Yvan pour nous rendre au terminal. Un événement va transformer le duo en trio pour un mois complet. Notre vieil ami Adrien vient passer ses vacances avec nous!
On est super heureux de le retrouver et on en revient toujours pas d’avoir quelqu’un de chez nous pour partager nos aventures pendant quelques temps.

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Adrien se demande sûrement si ce truc pique / jeudi 19 mars

Après nos retrouvailles de la veille avec Adrien, on part directement au petit matin louer notre bolide et on file tous à la conquête du salar et des volcans au sud. On ne veut pas perdre une miette de temps dans cet environnement exceptionnel. Par contre, comme la journée va comporter un peu de marche, le pauvre Yvan ne peut pas se joindre à nous pour cette fois. Il préfère rester tranquille et attendre les jours suivants où la marche ne sera pas obligatoire.
Notre première étape est la Valle de Jere, à côté de l’oasis de Toconao et son village. Il s’agit d’une sorte de gorge où coule une rivière d’eau douce (la plupart sont salées dans la région) et où des hommes vivaient bien avant l’arrivée des colons. On y trouve de petites habitations restaurées, des abris creusés dans les parois de la gorge ou encore des pétroglyphes atacamènes représentant entre autres des lamas.

Valle de Jere, pétroglyphes de maman lama avec bébé lama, assemblage rustique d’une charpente et Adrien et Sabina / jeudi 19 mars

On découvre ensuite à quelques kilomètres de là la grande réserve des flamants, au cœur du gigantesque salar. Il faut d’abord payer quelques pesos pour pouvoir pénétrer sur le site et accéder aux installations. On commence par le petit bâtiment présentant les différentes caractéristiques de ce désert de sel et de la faune qui le compose, dont les célèbres flamants. Il y a trois espaces qui migrent par ici, les flamants des Andes, du Chili et de James. Ils viennent se rassasier du plancton qui pullule dans les étangs salés de ce désert.
On s’enfonce par la suite dans cette grande étendue lunaire qui ressemble plus à de la boue cristallisée qu’à du sel. C’est impressionnant. On s’éternise un bon moment à admirer tous ces volatiles et les autres petits êtres vivants qui vadrouillent dans le coin.

Le désert de sel et son petit musée / jeudi 19 mars

Les flamants peinards dans leurs étangs / jeudi 19 mars

Les autres locataires : petits oiseaux, lézard et libellules qui se font attendre au bout des doigts / jeudi 19 mars

On reprend ensuite les chemins boueux pour retrouver l’axe menant vers le sud. La route a des allures d’infini, perdue au milieu d’immenses paysages désertiques et volcaniques. C’est un vrai plaisir de conduire dans ce décor grandiose sans croiser une âme qui vive.

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Route infinie / jeudi 19 mars

On fait une halte sur la route au petit village de Socaire à la fois pour visiter le peu qu’il y a à visiter mais surtout pour se remplir l’estomac d’une soupe de lama et faire découvrir cette viande à nos deux amis.

Village de Socaire / jeudi 19 mars

Vient ensuite l’arrivée aux lagunes Miñiques et Miscanti, deux points d’eau perchés à 4200m d’altitude et dominés par le volcan Miñiques de 5910m et le mont Miscanti de 5622m. Ce qui parait pourtant étrange une fois à leurs pieds, c’est qu’ils ne paraissent pas si hauts. C’est pas facile de se faire à l’idée qu’on se trouve déjà si haut.
Quelques lamas nous font sentir moins seuls et rajoutent un peu de beauté au panorama qui s’offre à nous.
Cependant, une petite pluie fait son entrée en scène et on doit partir se réfugier dans la voiture, seul abri qu’il y ait à des kilomètres à la ronde.

Lagunas Miñiques et Miscanti et leurs sommets éponymes / jeudi 19 mars

Le départ, comme l’arrivée, se fait un peu en mode 4×4, le chemin est tellement défoncé et parfois submergé que le pick-up est vraiment malmené mais on s’amuse à le pousser dans ses retranchements pour voir ce qu’il a dans le ventre. Après quelques frayeurs et surtout beaucoup d’éclats de rire on rejoint la vraie route. Là, on rencontre un petit troupeau de lamas avec lequel on s’amuse un moment et on profite une dernière fois de ce paysage fabuleux.

Chemin du retour dans notre pick-up et lamas / jeudi 19 mars

On se met ensuite en direction de San Pedro et Dorian passe le volant à Arnaud pour le retour, mais ce dernier ne peut s’empêcher de faire la bonne vieille blague du “je démarre avant que t’aies ouvert la portière”! Il s’en suit donc pendant 5 min un jeu de va-et-vient sur cette immense route sans aucun traffic.

De grands enfants / jeudi 19 mars

Sur le retour, on fait un arrêt dans le désert pour contempler une fois de plus ce paysage avant que l’orage qui se profile au loin vienne tout chambouler. On se trouve au pied du volcan Láscar et de ses 5592m, le plus actif de cette partie du Chili. On découvre quelques plantes perdues dans ce désert de poussière et de caillasses, mais aussi une voiture abandonnée avec laquelle on s’amuse un moment.

Désert d’Atacama, volcan Láscar et Adrien essayant de faire pousser de nouvelles plantes / jeudi 19 mars

Le lendemain, tous ensemble ce coup-ci, on part pour la laguna Cejar, un trou d’eau saturé en sel où l’on peut se baigner et plus particulièrement flotter avec une grande facilité. Mais lorsqu’on arrive sur place, la responsable du lieu dans sa cabane nous attend joyeusement pour nous braquer. À notre grande surprise, le prix d’accès au site avait été multiplié depuis le 1er janvier par 15 sur demande de l’ethnie atacamène propriétaire du lieu, passant donc de 2,70€ à 41€ !!! Ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a une loi “indigène” au Chili qui reconnait la présence sur son territoire des peuples originaires (d’avant l’invasion des conquistadors), et donc de leurs propriétés terriennes. Dans la région par exemple, chaque site touristique comporte une taxe imposée par les communautés originaires qui en sont propriétaires. C’est une bonne chose, mais certaines éthnies malheureusement prennent des décisions un peu disproportionnées. Tant pis, on décide de rentrer sans payer mais nous n’avons pas le droit de nous mettre à l’eau et notre temps sur le site est limité. Un homme nous suit même de loin pour s’assurer qu’on ne grappille pas des minutes. Pas facile pour le pauvre Yvan qui se déplace en béquille et qui doit faire la course…
On arrive quand même à profiter un peu du lieu et admirer la vu sur les 5916m du volcan Licancarbur au loin, à la frontière avec la Bolivie. Nos alpes nous paraissent bien rachitiques à côté.

Laguna Cejar avec Yvan, Sabina, un mec qui flotte, le volcan Licancarbur et le garde qui nous suit l’air de rien / vendredi 20 mars

Une fois reparti, on se rend à los Ojos de Agua, deux trous d’eau salée, qui eux sont gratuits, mais qui ne donnent pas trop envie de se tremper. On s’amuse plutôt avec la voiture dans la boue sur le chemin pendant un moment où le grand plaisir d’Yvan est de tirer à fond sur le frein à main. “Freno a mano !!!” comme il s’écriait.

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Ojos de Agua (enfin là on en voit qu’un) / vendredi 20 mars

On rentre manger sur San Pedro et faire des courses pour se préparer un petit pique-nique sympa pour le soir. Et c’est reparti! On se dirige à présent vers la Valle de la Luna à quelques kilomètres de là. Arnaud au volant, Yvan et Sabina bien installés à l’intérieur, et Adrien et Dorian debouts à l’arrière appareils photos aux poings et tous les autres membres tentants désespérément de se maintenir à quelque chose.
Après avoir passé le post de contrôle, on pénètre véritablement dans un autre monde. On commence à comprendre pourquoi cette vallée porte de le nom de la lune. Un désert, sans aucun signe de vie, ni même animale ou végétale, formé de gorges, dunes, monticules ou crêtes saillantes aux couleurs ocre et grise.

Valle de la Luna / vendredi 20 mars

On profite d’être sur la lune pour sortir des sentiers battus et aller se perdre dans un chemin de traverse à la fin du site où le pick-up commence à avoir quelque peu de mal à progresser. On doit malheureusement retourner sur nos pas et sortir rapidement du site car le soleil décline et l’on doit se rendre dans un lieu spécial pour voir son coucher.

En route vers le coucher de soleil / vendredi 20 mars

On part donc à fond la caisse rejoindre la Valle de la Muerte, une autre vallée adjacente à celle de la lune mais qui porte, elle, le nom de la mort et où le point de vue est apparemment spectaculaire.

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Pause en bord de route avant d’arriver au site / vendredi 20 mars

Et effectivement, il est spectaculaire!
Le soleil se couche sur ces formations rocheuses déchirées et arides et on est à l’heure. Une vague de personnes armées de manches télescopiques arrive peu après nous par bus touristiques mais elle est vite chassée par une orage et une pluie soudaine. On est super heureux d’avoir loué notre propre voiture, car ça nous permet de rester pour finir d’engloutir notre pique-nique à l’abri, et surtout de profiter seul des derniers rayons du soleil une fois la pluie passée.

Valle de la Muerte / vendredi 20 mars

On s’attarde encore un moment jusqu’à ce que la nuit tombe pour profiter des étoiles, allongés à l’abri du vent et tout simplement heureux.
En rentrant, après avoir déposé Sabina et Yvan qui avait besoin de reposer sa cheville, on repart tous les trois en dehors de la ville pour se trouver un coin loin de toute source lumineuse pour profiter un peu plus des étoiles. Un très bon moment partagé, tout comme le départ où il faut partager nos cerveaux et nos forces pour sortir le pick-up qui s’est enlisé dans une petite dune de sable! On manque tout juste de cramer le moteur pour se dépêtrer de ce bordel, perdu au milieu de nulle part en pleine nuit noire. Après moults efforts la voiture s’extirpe miraculeusement, mais au prix d’une épaule amoindrie pour le pauvre Adrien qui a failli finir sous les roues au moment du démarrage…

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Les étoiles commencent à apparaître au dessus de la Valle de la Muerte / vendredi 20 mars

Le lendemain, on part tous ensemble pour rejoindre au nord le site des geysers à 4250m d’altitude. Tout le monde nous dit qu’il est préférable d’y aller avec les bus des agences touristiques pour ne pas mourir ou se perdre sur cette route qu’on dit dangereuse, surtout de nuit. On décide quand même de tenter notre chance et d’éviter de payer une fortune pour se retrouver au coeur des troupeaux de touristes. On fait par contre le choix de partir en même temps que les tout premiers 4×4 ou bus touristiques pour suivre leurs phares dans la nuit et ne pas se perdre. Le départ se fait donc à… 3h!
La route, où plutôt la piste, n’est finalement pas si dangereuse mais c’est surtout la nuit noire qui craint. Dorian ouvre grand les yeux pour tenter de ne pas louper un virage et emmener ses amis avec lui dans un joli précipice.
On arrive sans dommage et le jour n’est pas encore levé, c’est parfait, sauf le froid qui nous saisit dès qu’on sort de l’auto! Les 3 grenoblois ont un peu oublié que la nuit à 4250m il faisait un peu frais, même bien froid en fait. On se gèle carrément le cul dans nos petites vestes jusqu’à ce que le soleil se lève. Heureusement qu’on est venu voir des geysers, la fumée nous réchauffe un peu l’échine.
Le spectacle de ces geysers et du levé de soleil est par contre superbe et sur ce coup-là on a plutôt géré de partir si tôt.

Le jour se lève tout doucement sur les geysers mais pour l’instant on se gèle! / samedi 21 mars

Un geyser en action / samedi 21 mars

Le soleil apparait enfin! / samedi 21 mars

On essaye de se réchauffer en buvant de l’eau qui jaillit mais elle est vite recrachée à cause de son goût souffré bien dégueu. Des petits malins ont par contre eu la bonne idée de monter avec des oeufs qu’ils ont mis à cuire dans une source pour le petit déj’. Pas con!

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Des oeufs cuits par Mère Nature / samedi 21 mars

Au bout d’un moment, on trouve un chemin partant dans les montagnes par derrière le site. On remonte tous au chaud dans la voiture et on abandonne la foule pour s’aventurer seul par-delà les reliefs. Une bien belle idée car on tombe sur plusieurs troupeaux de lamas et surtout sur un panorama magnifique sur les geysers et sur les montagnes alentours. On se sent vraiment privilégié.

Par-delà les geysers,   / samedi 21 mars

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CETUP, notre sponsor, commence à atteindre les sommets!  / samedi 21 mars

Au retour, on fait un dernier arrêt sur le site pour voir d’autres geysers et tremper les pieds dans des bains d’eaux chaudes. Le soleil est à présent avec nous et les cars touristiques sont presque tous déjà repartis. On profite du lieu au calme.

Les thermes du plateau / samedi 21 mars

En rentrant sur San Pedro, on comprend, surtout Arnaud qui conduit, pourquoi la route est si dangereuse. La piste est en faite bien pentue et tortueuse et on prend rapidement de la vitesse, la terre et les cailloux n’arrangeant rien. On croise même un 4×4 sur le toit dans une sortie de virage. Heureusement les personnes n’ont rien. On y va donc mollo ce qui nous permet de profiter encore plus du paysage qui nous entoure et qu’on découvre à présent après l’ascension en pleine nuit.

Retour sur San Pedro et brochettes de lamas tout mignons / samedi 21 mars

On fait une petite halte gastronomique sur le chemin pour s’acheter des brochettes de lama et combler le creux qui commence à s’installer dans notre panse.
Une fois à San Pedro, on fait un dernier repas tous ensemble dans un petit restaurant à côté du marché, puis on rend la voiture et on fait une ultime balade dans les rues de San Pedro jusqu’à ce qu’un nouvel orage se déchaîne. Les éclairs frappent tout autour de nous dans la ville!
Le soir venu, on dit adieu à grands regrets à Yvan et Sabina qui partent se faire une bouffe en amoureux. C’était génial de les retrouver pour quelques jours, ce sont deux italiens vraiment super sympas et drôles. Quant à nous, on se rend dans un resto manger à la lumière des bougies (plus d’électricité dans la ville) des plats démesurés et s’envoyer des litres d’un très bon Mojito.
On rentre en titubant et bien joyeux. Le lendemain on doit partir aux aurores pour une nouvelle aventure dans un autre pays avec un groupe de 3 français de notre hostel. Ça va donner!

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L’équipe dans les rues de San Pedro / vendredi 20 mars

One Comment

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  1. Les paysages, et surtout la valle de la luna et de la muerte, sont complétement dingues et permettent de superbes photos.
    Vous devenez experts pour esquiver les pièges a touristes et les péages sauvages, je vous félicite.
    Vous avez considérablement accéléré le rythme de publication, on ne va pas s’en plaindre.
    C’est toujours super sympa d’avoir de vos nouvelles (et ça permet de faire tourner les fonds d’écran).
    Profitez bien et prenez soin de vous.

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