BOLIVIE : Sud-Lípez et Salar d’Uyuni

La Bolivie est sans doute le pays le plus étonnant du continent sud américain. S’il n’est pas pour tous le plus beau, personne ne peut nier sa singularité.

C’est l’authenticité d’une culture et d’une civilisation qui a conservé ses coutumes ancestrales alliée à des paysages dont la beauté vous saisit autant que leur inhospitalité. Un ciel qui passe d’un bleu immaculé en journée à des nuits inondées d’étoiles. L’hostilité de sa topographie, qui oscille entre 3500m et 6500m pour sa partie ouest, rend son exploration ardue. Chaque pas se transforme en un effort herculéen et vous coupe le souffle, comme si ces montagnes vous mettaient à l’épreuve.

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Le volcan Lincancabur vu depuis la frontière / dimanche 22 mars

Le réel début du voyage commence dès les portes de la Bolivie. Après avoir pris un retard considérable sur la journée, nous sommes au poste d’immigration à 4500m. La petite bâtisse perdue au milieu de ces espaces dénoterait si elle n’était pas cernée de véhicules et de gens.

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Le poste de frontière Hito Cajon, entre le Chili et la Bolivie / dimanche 22 mars

On fait la queue patiemment jusqu’à entrer dans les locaux où trône un portrait d’Evo Morales, le président bolivien. Son visage et son sourire en coin nous inspire la sympathie.

On s’occupe de remplir les formalités douanières avant de retourner aux voitures pour le dispatch dans les 4×4. 6 places disponibles et deux 4×4. Là se pose à nous un choix cornélien : monter avec les 3 français avec qui on a sympathisé sur la route jusqu’à la frontière OU jouer la carte de la mixité, de l’union entre les cultures et monter avec des étrangers. En bon français on choisit la première option.

Il y a Pauline, Laura et Romain (ça fait bizarre de l’appeler Romain parce que tout le monde l’appelle Guigui, mais bon, restons formel un moment voulez-vous?). Vous risquez de pas mal entendre parler d’eux, ils font partie de notre gang des boludos.

Notre guide, chauffeur et DJ pendant ces 3 jours se fait appeler Lewis. Il n’est pas très bavard mais il n’est pas contre une bonne tranche de rigolade de temps en temps. Par contre interdit de blaguer sur sa musique.

C’est avec eux que l’aventure du Sud-Lípez débute. On a nos tickets d’entrée, les sacs sont solidement arrimés au toit, tout le monde a fait pipi. On est prêt.

Petits 4×4 au loin / dimanche 22 mars

La première étape se fait au niveau de deux lagunes: la Laguna Verde, une lagune dont la couleur verdâtre provient de sa haute teneur en cuivre, puis juste à côté la Laguna Blanca, qui elle tient sa couleur à sa concentration élevée en sel. Toutes les couleurs paraissent photoshopées tant elles paraissent irréelles. On se laisse subjuguer par les réflections quasi parfaites des montagnes sur l’eau et on boit les paroles succintes de Lewis sur la présence de totems de pierre dédiés à la Pachamama (la mère terre).

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Laguna Blanca et Laguna Verde / dimanche 22 mars

Mais pas le temps de s’attarder, notre guide a un programme chargé et il n’est pas question qu’on le ralentisse.

On vagabonde sur ces routes de terre, de sable, de pierres, où le tout-terrain est poussé dans ses retranchements. Une file de 4×4 des différents tour-opérateurs se forme par instant, notamment au niveau des points d’intérêts.

On entre dans le désert de Dali, une étendue de sable et de petits cailloux de couleur ocre, qui doit son nom à la ressemblance entre ses paysages et les décors des toiles peintes par Dali. On aperçoit des monticules de pierres caractéristiques du désert au loin.

Le désert de Dali / dimanche 22 mars

Pour la suite, on s’arrête décompresser dans des eaux thermales brûlantes à 4700m avec une vue imprenable sur la chaîne de montagnes des Andes. Gros kiffe, même s’il y a beaucoup de monde.

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Thermes de Polques à 4 700m / dimanche 22 mars

On ressort tout stone, sonnés par la chaleur. Autant dire que la portion suivante de 4×4 est très silencieuse.

On termine la journée par le point le plus haut de notre expédition, le champ de geysers de Sol de Mañana, situé juste en dessous des 5000 mètres d’altitude.

Geysers de Sol de Mañana / dimanche 22 mars

Les gigantesques colonnes de fumée au moment où nous y sommes nous empêchent de bien voir les vasques de boues, c’est dommage. En arrivant en fin de journée on aurait pu s’en douter, c’est pour ça qu’on s’était pointés à 4h30 du mat’ pour ceux de l’Atacama.

On descend ensuite dans la vallée suivante pour déposer les affaires dans notre refuge pour la nuit, une grande bâtisse en briques qui vaut surtout pour son cadre désertique. On ressort dans la foulée pour aller voir la Laguna Colorada, située à quelques kilomètres de là. Encore une fois, c’est une grosse gifle.

Laguna Colorada / dimanche 22 mars

La lagune est colonisée de flamants (les mêmes espèces que dans le salar d’Atacama) baignant dans une eau remplie d’algues qui, associées à la faible profondeur du lac, lui donnent sa teinte rouge. Je suis à court de superlatifs, mais vous saisissez l’idée.

En errant sur les bords de la lagune, on aperçoit quelques champs de plumes et de la chair (des flamants?) ainsi qu’un gros œuf !

Un oeuf et nos 4 boludos / dimanche 22 mars

Après cette journée chargée on retourne au refuge pour décompresser. À notre arrivée nous attend un sublime plat de purée-saucisses. Les saucisses ressemblent à des pénis de personnes très âgées, ils ont au moins été cuits et réchauffés une dizaine de fois, mais on s’en fiche, on meurt de faim, on n’a pas mangé depuis l’aube et l’après-midi est déjà bien entamée.

Ensuite on finit la journée en alternant les siestes avec les jeux de cartes. On joue à un jeu qui va ponctuer pas mal de nos temps libres : le Dumbal. C’est un jeu népalais (éthiopien selon les sources d’Adrien) très simple et très bête, où Arnaud perd à la fin. On rigole bien. Romain lui ne se sent pas très bien, il est le premier à subir l’altitude (mais ne vous inquiétez pas, on y passera tous). Il va donc se coucher plus tôt.

On fait une petite pause pour voir les étoiles. C’est spectaculaire, la voie lactée est limpide comme jamais et on observe une quantité indénombrable d’étoiles.

Puis, tout le monde étant épuisé, on va se coucher. La sensation d’être sous une énorme pile de couvertures (à 4300m ça pince) est très agréable. On dort comme des bébés.

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Vue sur notre hôtel au petit matin / lundi 23 mars

Pauline au petit déjeuner se plaint d’avoir des bleus sur les hanches à cause du poids des couvertures, on éclate de rire.

On ne s’attarde pas sur le petit déj’ car il faut déjà plier bagage, on a du pain sur la planche.

La team sur le départ / lundi 23 mars

On fait un nouvel arrêt (mais express cette fois) à la Laguna Colorada.

Laguna Colorada au petit matin / lundi 23 mars

L’étape suivante, le désert Siloli, est un sublime décor seulement jonché de petites formations géologiques singulières. Tout le monde escalade un peu partout. On pose devant une des formations qui ressemble à un arbre (árbol de piedra), et on prend une multitude de photos. Dorian et Adri tapent aussi un sprint… avec le recul ils ne savent toujours pas pourquoi ils ont fait ça.

Désert de Siloli (1er arrêt) / lundi 23 mars

Désert de Siloli (2ème arrêt) / lundi 23 mars

On enchaîne avec une vallée de roches, où l’on aperçoit quelques animaux sauvages, avant de nous diriger vers d’autres lagunes, notamment pour se remplir la panse.

De la mousse styléééée et un lapin sympa / lundi 23 mars

Des lagunes! et une pause déj / lundi 23 mars

Le prochain objectif est le mirador sur le volcan Ollagüe. La musique folklorique bolivienne rugit du poste radio de Lewis. On sent qu’Adrien commence à être excédé par ces sonorités très aïgues. Il faut dire qu’il est sur le siège passager avant, donc au plus près des enceintes.

Le ciel commence quant à lui à se couvrir. Le volcan est cerné de nuages.

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Mirador du volcan Ollagüe / lundi 23 mars

On ne s’attarde donc pas trop pour pouvoir enchaîner sur un cimetière de trains situé à proximité. On trouve quelques carcasses de trains d’un autre temps, ils sont soigneusement mis sur le côté de la gare pour laisser circuler les trains flambants neufs. Un beau moment.

Cimetière de trains / lundi 23 mars

On finit la journée avec des routes sinueuses vers notre hôtel (de sel) situé dans la petite commune de San Juan. On longe un petit salar en contrebas et des champs de quinoas colorés.

Une fois arrivés, on découvre avec bonheur qu’il y a un terrain de foot. On s’arrange donc pour se procurer un ballon et se faire une partie de foot. Adri et Guigui contre Dodo et Nono.
Une partie de foot à 3700m c’est une très mauvaise idée. On joue 15 min avant d’être tous au bord de l’arrêt cardiaque. Mais bon, même sans souffle, la team de NoDo écrase les frêles Adri/Guigui 🙂

S’en suit une session de douches et un gros repas sur des tables en sel (oui dans l’hôtel tout est en sel : les murs, les tables, les sommiers… mais pas les toilettes)! On profite de la soirée pour jouer aux cartes et faire un tour dans la ville d’à côté où une sorte de meeting politique a lieu, les élections approchent dans le pays. On écoute un peu. Puis on se dirige vers la superette du coin pour acheter des bières.

On revient discuter avec quelques gens du village puis on finit la soirée à jouer au Dumbal et boire des bières avec des amis français de nos accolytes (re-rencontrés dans l’hôtel de sel).

Le lendemain, on met les voiles vers le salar d’Uyuni, la zone la plus célèbre de la région, un vaste désert de sel de 10 000km².

Notre 4×4 dans le salar d’Uyuni et pause pipi / mardi 24 mars

Notre session dans le désert est l’occasion de se prêter au jeu des photos qui jouent avec la perspective (la surface est parfaitement plate). On en discutait dans la voiture depuis le début du séjour… mais c’est pas vraiment une réussite. Mais on se marre bien, c’est l’essentiel!

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Nos photomontages du salar et nous / mardi 24 mars

Un peu plus loin dans le désert on tombe sur une maison de sel avec des sculptures à l’intérieur. Une énorme sculpture en sel à l’extérieur nous fait comprendre que le Dakar ne passe pas très loin. Au moment où l’on prend ces photos, on aperçoit deux jeunes qui courent après un bus en criant. Ils ont failli rater leur bus. Pas le meilleur endroit pour se retrouver perdu…

Maison de sel dans le salar, drapeaux, sculpture du Dakar et un bus raté / lundi 23 mars

Après cette escapade, notre expédition touche à sa fin. Nous visitons un deuxième cimetière de trains à côté de la ville d’Uyuni, l’occasion de reprendre quelques photos de groupe, puis notre Lewis bolivien nous dépose dans le centre d’Uyuni. On apprend avec stupeur qu’il ne s’appelle pas Lewis mais un autre nom russe que je n’ai pas retenu. Il nous a menti. Mais on l’épargne et on va plutôt se prendre une petite bière en jouant au Dumbal. On se dirige ensuite vers le terminal de bus. Prochaine étape : Potosí. Cette petite ville minière, un peu plus au nord, constituera notre première immersion dans la culture bolivienne… à 4070m.

Le cimetière de trains d’Uyuni / lundi 23 mars

4 Comments

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  1. Trop beaux paysages !! Je doute par contre de la cacapacité de survie des dorades dans ce désert…
    Et comme quoi, même dans le salar, les bus n’attendent pas ! 😉
    Bisous les gars

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  2. Les images sont à couper le souffle !!! Je ne pensais pa qu’une telle lumière exciste … Magnifique !!!!!!!!!!!!!

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    • C’est vrai que c’était incroyable. Entre l’altitude, l’immensité naturelle et l’air très sec on avait l’impression de pouvoir voir à l’infini. Un lieu où il faut aller et y passer du temps. Nous on a qu’une envie, c’est y retourner et en profiter encore, et encore.

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  3. J ai pris le temps, mais voilà, je le dis, c est grandiose !

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