BOLIVIE : La Paz (1ère partie)

La Paz ! Voilà une cité qui a de la gueule. On en a vu des villes dans notre vie, mais des comme ça pas souvent. C’est un véritable tas de constructions nues recouvrant l’ensemble des montagnes alentours. Comme une vague de briques déferlant dans la vallée encaissée. C’est à couper le souffle. Surtout que nous sommes à plus ou moins 4000m d’altitude et que 2 millions d’âmes grouillent dans cet amoncellement ocre.

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Panorama sur la Paz / vendredi 03 avril

À notre arrivée, au petit matin et fatigués du trajet, on sonne à l’hostal où nous attendent les copains. Chou blanc, personne de l’autre côté de la sonnette. Tout le monde dort profondément. Nos premiers pas dans cette drôle de ville sont alors simplement guidés par le désir d’un endroit chaud pour taper un somme ou au moins poser nos sacs et engouffrer un petit-déj’ bien costaud. On se retrouve ainsi dans un dédale de rues toutes plus inclinées les unes que les autres, où nos petits corps d’européens sont encore trop peu habitués à la marche avec 30 kg sur le dos, à 4000m, et une nuit blanche dans le casque. Un peu plus tard, reposés et rassasiés, on reprend la quête du fameux hostal où certains doivent se réveiller doucement. Cette fois-ci la porte s’ouvre ! Retrouvailles, échanges sur les dernières aventures et bâillements s’enchainent le long de la matinée.

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Le centre historique et son Iglesia San Francisco / jeudi 02 avril

Après une petite sieste nous partons à l’assaut de la ville. Balade dans le centre historique, errance dans différents quartiers animés, tour dans les bars et petite bouffe entre amis clôturent cette première journée. Entre temps, on a aussi pris un moment pour organiser et négocier serré notre journée du lendemain. Ce sera descente de la célèbre Route de la Mort en VTT. Malheureusement sans Arnaud qui préfèrera économiser sur cette activité.
Tôt le lendemain matin, prêts et au taquet, nos deux accompagnateurs passent nous récupérer à l’auberge. Mais là, faut départ! Ils nous font poireauter dans leur van coiffé de nos biclous rougeoyants en attendant le repas du midi qui a, apparemment, quelque peu de mal à finir de se préparer. Passons.
Au bout d’un bon moment, le tacot se met enfin en branle. Direction les hauteurs de montagnes voisines. Le trajet offre tout d’abord une vue bluffante sur la ville, puis sur des paysages d’altitudes isolés et sauvages. L’excitation commence à monter dans la fourgonnette! Mais ce n’est sans compter sur une nouvelle halte sur le bord de la route pour attendre l’appareil photo qu’a oublié notre guide. Un champion… Une heure passe.

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Tranquilou bilou, on regarde les voitures passer  / vendredi 03 avril

On repart, mais pour continuer sur la lancée, un bouchon s’est formé sur la route. On est bloqués. Le chauffeur décide de prendre un chemin de traverse pour contourner la longue file qui s’est créée. Une idée de génie! Après avoir traversé un champ de tire sur un terrain militaire – il faut préciser que pile à ce moment là les soldats étaient allongés ventre à terre, fusils prêts à faire feu, attendant que notre véhicule soit passé pour atteindre leurs cibles – nous voilà à présent embourbés quelques dizaines de mètres plus loin dans ce petit chemin accidenté et détrempé perdu au fond de la vallée. Une heure de plus, mais heureusement, rien n’entame notre bonne humeur.

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Tranquilou bilou, on regarde notre fourgonnette embourbée / vendredi 03 avril

Dépêtrés, nous arrivons enfin à “La Cumbre”, un col à 4700m d’altitude qui est aussi le départ del Camino de la Muerte! Ni une ni deux, nous voilà chevauchant nos rutilantes bicyclettes, recouverts d’une combinaison qui ne demande qu’à être encrassée. Le temps se gâte mais rien ne peut plus nous arrêter, les péripéties de la matinée n’ont fait que renforcer notre motivation.

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Le signe du Lama, on est prêt! / vendredi 03 avril

Pour apporter une rapide précision, le parcours descend de 3000m de dénivelé sur une distance d’environ 65km. Ralliant le col au village de Yolosa tout en bas, il se décompose en deux parties. Une première goudronnée sert de mise en jambe et emmène ensuite vers la forêt des nuages, seconde partie au coeur de la jungle bolivienne, et début de la véritable Route de la Mort. Doux nom qui lui a été donné car elle avait été élue il y a quelques temps de cela route la plus dangereuse du monde, avec à l’époque entre 200 et 300 tués chaque année. Mais un tracé annexe, plus sécurisé, permet aujourd’hui aux voyageurs qui le souhaitent d’éviter la partie la plus dangereuse.

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Début de parcours dans les nuages / vendredi 03 avril

Le premier tronçon s’avale en deux petites heures d’adrénaline pure. Le temps est pourri. Les nuages se font denses et il est par moment difficile de voir ou se faire voir. La pluie se joint aussi à la fête, et pas la petite pluie. La bien rude qui nous trempe jusqu’à l’os et qui ajoute un peu de piment à la course qui commence à s’installer entre nous autour des voitures et des camions. On ne précise pas qu’on a bien fait attention de laisser nos cerveaux au chaud dans la fourgonnette en partant.

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Encore en file indienne, on se met à attaquer la descente / vendredi 03 avril

Après une halte pique-nique au niveau d’un poste de contrôle du narcotrafic, puis une collision quasi mortelle en direct entre un quad et un monospace (je vous laisse imaginer lequel des deux pilotes a fini quelques mètres plus loin façon puzzle…), nous arrivons sur ce qui ressemble plus à un chemin qu’à une route. Perchés au beau milieu des montagnes verdoyantes et embrumées, nous voilà  dans le vif du sujet.

Des portions de la Route de la Mort / vendredi 03 avril

La descente est sympa. On enchaine les virages sur cette route caillouteuse, passant sous des cascades, au bord de précipices, et évitant de temps à autres les voitures et camionnettes qui s’aventurent par ici. Le paysage qui se dessine au milieu des nuages est splendide. On fait plusieurs haltes pour en profiter et retaper les vélos que certains poussent dans leurs retranchements. Côté physique pas trop de casse, sauf pour Pauline qui nous offrira un magnifique soleil (bien le seul qu’on verra ce jour-là) et qui fera un bon tiers du parcours dans la camionnette le temps de se remettre de cette belle figure aérienne.

On fait joujou au bord du vide  / vendredi 03 avril

Pendant ce temps Arnaud, de son côté, profite de la ville.  Une belle journée ensoleillée au calme à arpenter différents quartiers tirant jusqu’à quelques belvédères pour apprécier la vue sur l’étendu urbaine. Toute une société s’active entre ces petites ruelles et les quelques grandes artères qui transpercent l’ensemble en cœur de vallée. Des transports par câble s’articulent même un peu de partout entre les parties basses et les hauts quartiers. Comme un balais de bulles colorées au dessus de nos têtes.

Balade aux 4 coins de la ville / vendredi 03 avril

À quelques heures de routes de là, notre sympathique équipe finit tranquillement sa descente. La seconde partie du parcours s’est avérée n’être pas aussi « dangereuse » que ce que l’on imaginait. Du moins avec nos petits VTT !

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Petite pause les pieds dans le vide / vendredi 03 avril

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Ciel légèrement voilé / vendredi 03 avril

À notre arrivée, nos guides nous accueillent joyeusement en nous offrant une tournée de bières, … qu’il faudra finalement qu’on paye ! Le bolivien sait recevoir. Après cette entracte désaltérante, on passe à quelque chose d’un peu plus rafraichissant. Ils nous emmènent en dehors du village nous décrasser avec une providentielle activité piscine, suivi d’un buffet que l’on ne manque pas de réduire à néant en quelques ridicules minutes.
Si l’on pensait que les péripéties improbables et les sensations fortes étaient à ce moment là derrière nous, on avait bien tort. Ça commençait tout juste à être drôle.
Nos guides en carton qui nous ont déposé ici mettent un certain temps à revenir nous chercher. Les proprios du lieu commencent à s’inquiéter. Des heures passent, la nuit est tombée et on patiente tranquillement dans les hamacs en pensant doucement qu’ils vont nous servir de couchage pour la nuit fraiche qui s’annonce. Et pas moyen de prévenir Arnaud qui doit commencer à se poser des questions de l’autre côté de ces montagnes.

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Notre guide, mi-cool/mi-voleur !! / vendredi 03 avril

Enfin les voilà! La gueule enfarinée ils nous sortent des excuses bancales du genre un pneu a crevé. Soit, on veut bien essayer de les croire (même si 3h pour changer un pneu c’est louche). Mais là vient le moment de payer nos hôtes pour le service piscine/douche/buffet avec l’argent qu’on avait dû verser à nos 2 clowns boliviens le matin au départ. Oups, il a disparu! À la seule vue de leurs yeux injectés et de leur peau luisante, ces salopards ont sûrement dilapidé le butin dans un bar des environs. La tension commence à monter. Le problème arrive tant bien que mal à se régler après plusieurs échanges téléphoniques avec les gérants à La Paz. On peut enfin partir. Sauf qu’il est tard et qu’il nous faut plusieurs heures de routes pour ressortir en contournant ces montagnes et rejoindre notre auberge. Mais pour s’économiser au moins deux heures de trajet, nos guides d’exception ont une fabuleuse idée, qu’ils nous annonceront une fois qu’on aura déjà bien roulé : couper par les montagnes en reprenant la Route de la Mort en sens inverse! Je peux vous dire que niveau sensation, là, on a été servi. La route mythique en pleine nuit noire, sans aucune source de lumière à des kilomètres à la ronde et avec un chauffeur cuité essayant de maintenir les 4 roues du van sur l’étroite bande terreuse entre la paroi et le précipice, ça laisse un sacré souvenir.

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Crevaison dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre / vendredi 03 avril

Ah oui au fait, on a eu confirmation qu’il n’y avait pas eu de crevaison de pneu comme ils tentaient de nous le faire croire… parce qu’on a crevé en plein milieu de la Route de la Mort et qu’il a bien fallu sortir la seule et unique roue de secours que la fourgonnette possédait!

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